Viols à l'université, un phénomène pris à la légère aux Etats-Unis ?

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Quand on a l'impression qu'il y a des progrès de faits pour l'égalité hommes femmes, on se rend compte qu'en parallèle, les affaires de viols dans le monde étudiant ne diminuent pas, révélant un véritable malaise. Zoom avec meltyCampus sur cette vision déformée de l'agression sexuelle.

Alors que le combat pour une égalité hommes-femmes continue, les affaires de viols et d'agressions sexuelles ne semblent pas se calmer. Les jeunes générations, censées être plus progressistes et éduquées, sont au contraire très touchées par ces crimes. En fait, les affaires de viols ne diminuent en aucun cas ces dernières années, dans les universités américaines notamment. Une page wikipédia est même dédiée au terme « Campus rape » (viol sur le campus), expliquant le « phénomène ». Et les chiffres sont éloquents. En fonction des études réalisées dans les universités américaines, 2 à 25% des jeunes femmes ont été agressées sexuellement. Un nombre inquiétant, quand on sait que la moitié des viols n'est même pas rapportée.... Une femme sur cinq serait violée au cours de sa vie aux Etats-Unis. L'alcool, qui coule à flot sur les campus, n'arrange rien et tout est fait pour cultiver cette culture du no limit ! Le GHB, ou la drogue du violeur serait en nette augmentation sur les campus, prouvant que peu de progrès ont été faits sur une vision des rapports sexuels libres et consentis. Des facteurs d'aggravation, qui n'expliquent pas réellement le fond du problème.

Viols à l'université, un phénomène pris à la légère aux Etats-Unis ?

Toutes les universités sont touchées. A la prestigieuse Yale, les affaires de viols s'enchaînent et connaissent une prise en compte presque "légère" par l'administration. Des élèves continuent leur études en toute impunité après avoir été reconnus coupables de viols. A San Diego, c'est l'Université of Southern California (USC) qui est également en ligne de mire. On vous en parlait, des affaires d'agressions sexuelles et de viols ne portaient plus trop leur nom, on qualifiait leur calvaire de "rapports non consentis" comme pour atténuer l'agression dont elles étaient victimes. La police de l'université jugeait même que "s'il n'y a pas d'orgasme, il n'y a pas viol" alors qu'une jeune fille était venue se plaindre ! Un monde à l'envers. Dans deux facs au Canada, les chants à la gloire du viol feraient partie d'un rite d'initiation pour les premières années, révélant un malaise plus profond. De leur côté, les viols collectifs sont de plus en plus nombreux à travers le monde et pas seulement en Inde. On se rappelle de cette étudiante indienne victime d'un viol collectif, dont quatre auteurs viennent d'être reconnus coupables. Il semble en fait que la violence sexuelle soit quelque peu banalisée. Les femmes continuent d'en avoir honte alors qu'elles sont les victimes et non les coupables de ce crime.

Viols à l'université, un phénomène pris à la légère aux Etats-Unis ?

Si les lois prennent bien en compte le problème, c'est la vision de la société qui doit être revue. Car c'est bien là que réside le problème, ces images omniprésentes de la femme tel un objet sexuel, comme dans Blurred Lines de Robin Thicke, très vite détourné par des étudiantes. Elles donnent ainsi une vision totalement fantasmée des envies sexuelles de la femme. Quand on tape « College party » dans Google Images, les résultats parlent d'eux mêmes : pratiquement que des filles en petite tenue, visiblement très alcoolisées, apparaissent, comme pour signaler qu'elle font partie de la fête étudiante, d'une sorte d'orgie. Les jeunes inondés de ces visions commencent à tout confondre et ne se rendent plus compte des limites qu'il faut ne pas franchir. En dehors de la capote sur un concombre, l'éducation sexuelle devrait aussi passer par là, apprendre que les rapports sont d'abord un échange physique entre deux personnes, qu'il y a deux corps à respecter et deux envies bien distinctes. Si le phénomène décrit a lieu aux Etats-Unis, il ne faut pas oublier toutes les affaires similaires en France ou ailleurs, et commencer à en prendre de la graine.

Viols à l'université, un phénomène pris à la légère aux Etats-Unis ?