Une adolescence américaine de Joyce Maynard, la lecture de Jade

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Au coeur des années 60, dans le New Hampshire aux Etats-Unis, la vie d’une jeune fille lamba. Ni populaire, ni transparente. Joyce Maynard nous raconte son adolescence et nous fait entrer dans son univers.

Après Moi, Charlotte Simmons, faisons un bond dans le passé. Les années 60, qui n’évoquent pour beacuoup que les hippies, la joie de la vivre et la liberté n’ont pas eu le même goût pour Joyce Maynard. Tout commence en 1960. Joyce Maynard, 19 ans, s’occupe d’une petite fille de 5 ans, Hannah. Et dès les premières lignes, le ton est donné. Ni enfant, ni adulte, l’auteur flotte entre deux époques, dans une génération un peu perdue, sans véritable distictif mais qui fut et restera la sienne…

A première vue, rien à voir avec les universités américaines de notre époque, souvent représentées dans les séries. Pourtant, en lisant entre les lignes, tout y est déjà : popularité, apparence, solitude, rejet, université. D’autres sujets en revanche, sont soigneusement absents. Comme sa relation avec ses parents par exemple, ou avec son seul et unique petit ami. Certaines années sont même purement et simplement effacées. Angoisses d’une adolescente ? Non pas vraiment. Le sous-titre de l’oeuvre n’aurait pas pu être plus adapté: “Chronique des années 60”. De même que les thèmes, les émotions arrivent pêle-mêle, parfois brutes, parfois analysées avec le recul des années.

L’écriture est décousue, dans la logique parfaite des sentiments et des aventures qui sont relatées. Joyce Maynard n’a pas cherché à ordonner ses pensées. Ni ses mots. Comme elle l’avoue elle même dans les dernières pages de son roman, “ les souvenirs ont rarement une forme leur permettant de s’emboîter. (…) Dix ans ne peuvent se résumer; une génération ne peut être généralisée.” Digressions et parenthèses sont donc récurrentes. Joyce Maynard parle autant à son lecteur qu’à elle-même. Une introspection sans regret ni joie mais pourtant remplie d’émotions.