Turquie : Sevil Sevimli parle des manifestations

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La jeune étudiante franco-turque, condamnée par le gouvernement Erdogan a tenu à montrer son soutien aux manifestants. Un engagement risqué puisque la jeune femme risque une peine importante de prison. Zoom avec meltyCampus

Depuis six jours, la Turquie vit ce qui ressemble au printemps arabe de 2011. Des milliers de manifestants se trouvent dans les rues de la capitale, Ankara, mais aussi dans d’autres villes du pays à l’instar d’Istanbul. Comme souvent, le mouvement a d’abord débuté chez les étudiants, avant d’atteindre toutes les couches de la société. Une propagation qui dépasse même les frontières du pays, puisque l’étudiante franco-turque Sevil Sevimli, condamnée par la justice turque pour ‘’complicité de terrorisme’’, a réagi devant le micro d’un journal de sa ville Lyoncapitale.fr. La jeune femme parle d’un mouvement inédit dans le pays ‘’des milliers de turcs de toutes opinions se sont réunis : des kurdes, des communistes, des socialistes, des kémalistes, des nationalistes, toutes ces personnes qui normalement ne peuvent même pas se parler’’. La jeune femme qui a gardé contact avec de nombreux amis en Turquie décrit une population unie face au gouvernement ‘’un vrai esprit de solidarité. On distribue de l’eau et du citron contre les gaz. Les adultes aident les jeunes. Des amis ont vu une grand-mère accueillir chez elle des manifestants pourchassés par la police’’.

Turquie : Sevil Sevimli parle des manifestations - photo
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Très critique face au premier ministre Erdogan, elle se méfie et évoque ce qu’elle appelle son ‘’égo énorme’’. Malgré tout, la jeune femme semble attendre beaucoup de ce mouvement ‘’J’espère que la situation va évaluer. Les Turcs comprennent enfin que le Gouvernement n’a pas tous les pouvoirs. C’est un espoir’’. Sevil Sevimli s’est fait connaître l’année dernière, alors qu’elle était en échange Erasmus avec la Turquie. La jeune fille accusée d’entretenir des liens étroits avec une organisation clandestine d’extrême gauche, avait été faite prisonnière par le gouvernement Erdogan. Jugée, elle a écopé d’une peine de prison de cinq ans et deux mois, condamnation à laquelle elle a fait appel. En attendant ce deuxième procès, Sevil Sevimli a été autorisée à retourner en France contre une caution de 10 000 livres turques soit 4250 euros. Pensez vous que les manifestations turques vont durer ?