Tunisie : Des menaces de mort à cause d'une affaire de niqab en classe

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Le port du voile en cours pose toujours autant de questions que ce soit en France ou dans les autres pays. En Tunisie, un professeur reçoit des menaces de mort à cause d'une affaire de niqab. meltyCampus fait le point.

Autoriser le port du voile ou non en classe est la question que se posent toutes les écoles. Les jeunes étudiantes sont de plus en plus nombreuses à en porter et elles comptent bien ne pas se laisser dicter leurs faits et gestes malgré le règlement de la fac. Au Canada : une fac autorise le port de la burqa, il n'en va pas de même pour l'ISEAH. En Tunisie, un professeur se retrouve confronter à ce problème en classe. L'affaire est allée tellement loin qu'il s'est fait menacer de mort. Il décide de ne pas garder le silence et livre un véritable témoignage au Huffington post. meltyCampus revient sur ces propos. Le 5 décembre 2013, Hassouna Najjar, enseignant germanique à l'ISEAH de Tunis a demandé à une étudiante de retirer son niqab comme l'exige le règlement. Cette dernière n'est pas du même avis et a refusé de répondre à cette demande tout en appelant sa famille. Le professeur a tenté d'agir immédiatement en prévenant le directeur qui est arrivé 45 minutes plus tard paniqué en déclarant "ils sont venus, ils sont venus". Deux personnes dans une Isuzu seraient venues jusqu'à la fac pour s'en prendre directement au professeur. Selon le directeur, ces derniers auraient déclaré : "nous allons venger les droits de notre fille par le sang. Nous avons des gens à Jerba. Le Jerbien va payer. Il retournera à Jerba dans un sac. Nous sommes une grande tribu, nous allons ramener du monde. Vous avez une semaine".

Tunisie : Des menaces de mort à cause d'une affaire de niqab en classe

Hassouna Najjar décide de s'éloigner de cette histoire en partant quelques jours en Allemagne mais compte bien ne pas en rester là. Il déclare "menacé de mort, je ne lâcherai pas" et a déjà engagé un avocat. Malheureusement, cette aventure n'est pas un cas unique et le professeur est confronté à la même situation quelques semaines plus tard. Cette fois-ci, il ne reçoit aucun soutient de sa fac que ce soit de la part de l'administration ou du directeur. Cet enseignant a su garder son calme et son professionnalisme, il n'a suivi l'exemple de cette enseignante qui agresse une étudiante d'un groupe anti-avortement.

Source : http://www.huffpostmaghreb.com/hassouna-najjar/menace-de-mort-je-ne-lach_b_5033432.html