Syrie : Jihad : Qui sont ces jeunes qui s’enrôlent ?

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Les vidéos du groupe État Islamique ou du Front al-Nosra, appelant à faire le jihad, publiées sur Youtube et sur les réseaux sociaux convainquent de plus en plus de jeunes de s'enrôler pour partir en Syrie. Mais qui sont ces jeunes gens, ces jeunes étudiants qui quittent tout pour partir faire le jihad ?

D'après le site en ligne Atlas Info, la France, qui compte la plus grande communauté musulmane d'Europe, est "le pays qui fournit le plus gros contingent de jihadistes occidentaux : un millier qui sont partis via des filières en Syrie et en Irak." Parmi ces milliers de jihadistes qui partent faire la guerre sainte contre les ennemis de l'Islam, Nora, 15 ans. Depuis son départ en Syrie le 23 janvier, son frère de 37 ans, Fouad, a découvert qu'elle avait une double vie : deux styles vestimentaires, deux comptes Facebook, l'un d'une adolescente sans problèmes, l'autre sur lequel elle disait vouloir "aider ses frères et sœurs en Syrie". Son frère, inquiet, a réussi à la retrouver en Syrie. Et sur place, il n'a trouvé que l'ombre de sa sœur... Nora s'est rendue compte que la réalité n'était pas celle des vidéos de Youtube et des réseaux sociaux : "Je suis au milieu de lâches et d'hypocrites qui terrorisent les Syriens". Aujourd'hui, elle aimerait rentrer en France avec son frère, mais son émir ne l'entend pas de cette oreille ! Pour l'avocat de Fouad, il est clair qu'elle est "une victime de secte, retenue en otage" ! Tout cela est d'autant plus terrifiant quand on sait que certains jeunes meurent en Syrie, comme cet étudiant de Grenoble mort en combattant pour le Jihad.

Syrie : Jihad : Qui sont ces jeunes qui s’enrôlent ?

Dounia Bouzar, directrice du Centre de prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam, qui a publié un livre sur le sujet dernièrement, "Ils cherchent le Paradis, ils ont trouvé l'Enfer", s'inquiète du nombre grandissant de jeunes partants. Des jeunes partants qui, selon Martin Pradel, l'avocat de plusieurs jihadistes incarcérés à leur retour en France, n'ont pas, ou très peu fréquenté les mosquées. La majorité de ces partants "n'ont pas de culture de l'Islam". À la manière d'une secte, l'État Islamique ou les différents groupes promouvant le jihad, jouent sur l'instabilité émotionnelle et la précarité de certains jeunes pour leur faire un lavage de cerveau et les convaincre de s'enrôler. Pour eux, la religion de l'Islam ne devient alors qu'un outil de persuasion dénué de toute dimension idéologique et humaine. Heureusement, dans ces conflits de religion, certains prônent la paix, l'amour et l'ouverture à l'autre, comme cette université de Gaza, où on peut y apprendre l'hébreu.