Sciences-Po : la cour du roi dépensier ? C'est l'avis de Louis

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Rémunérations exorbitantes, avantages immobiliers, baisse de la proportion de boursier, hausse des frais de scolarité… La Science-Po de Richard Descoings dépensait sans compter et l’heure des comptes est arrivée…

meltyCampus vous en parlait, les personnels de l’IEP se sont déclarés opposés à la nomination d’Hervé Crès à la direction de Science-Po. Une déclaration qui sonne comme un désaveu de l’héritage de Richard Descoings, au travers du rejet de son dauphin. En effet, Hervé Crès était directeur adjoint du défunt roi Richard, sous lequel les salaires des membres du conseil d’administration avaient explosé… Par exemple, le salaire du président avait quasiment doublé entre 2005 et 2010, atteignant le triple de celui d’un directeur d’universités, avec 537 264€ en 2010 par exemple. Et cela sans compter la voiture avec chauffeur et le logement de fonction bien entendu… Pourtant, durant le règne de Richard le grand, les critiques de sa gestion étaient inexistantes tant sa communication était efficace. En effet qui aurait pu s’attaquer à l’homme qui voulait ouvrir son école aux classes défavorisées !

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Seulement, sa majesté a alors fait exploser les frais d’inscriptions, décollant jusqu’à 13000€ par an en master, arguant que les frais d’inscription finançaient les bourses des plus démunis. Un argument qui aurait tenu la route, si la proportion d’élèves boursiers avait augmenté. Or, de 2005 à 2011, celle-ci passe de 24%, à seulement 15,3%. Une baisse proportionnelle bien entendu masquée par la hausse générale du nombre d’étudiants. Fait intéressant, la part proportion d'élèves qui payent le plus, enfants de cadre ou de personnes exerçant des profession intellectuelles supérieure, a quant à elle augmenté de près de 5%. En somme, l’ouverture s’est accompagnée d’une augmentation du nombre d’étudiants… Lucrative.

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Dès lors, c’est une véritable manne financière qui devrait s’être abattue sur l’établissement… Seulement, la Cour des Comptes, dont le Monde s'est procuré le rapport, soutient que l’établissement survivait au prix d’une perpétuelle course en avant. Quatre prêts ont ainsi été contractés entre 2005 et 2010… En voilà une gestion intelligente ! Cette hausse des dépenses, pourrait on penser, serait due à une hausse des dépenses de personnels, et c’est vrai. En cinq ans, celle-ci augmente de 54%. Mais plus choquant que cette hausse, mathématiquement défendable en vertu de l’augmentation du nombre d’étudiants, celle des rémunérations des cadres dirigeants. Si le roi double son salaire, ou presque, ses barons eux, voient le montant de leurs primes et indemnités augmenter de 158%. En somme, une multiplication par 2,5 en 5 ans. Lorsque l’on sait que la femme du roi était membre de la direction, l’on se doute que le train de vie devait être fort sympathique !

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Vous me direz, certes l’augmentation est énorme, mais celle-ci n’a pu creuser à elle seule la dette du riche institut. En effet, les personnels dont je parlais plus haut, sont plus gravement mis en cause qu’il n’y paraît. Dans cette niche de l’enseignement supérieur, l’on vit fort bien en effet ! Ainsi la Cour des Comptes révèle que les enseignants chercheurs n’effectuent que 30% de leur service, payé bien évidemment, plein pot. Dans le même temps, les professeurs vacataires, qui ne représentent que 20% des dépenses salariales, effectuent 93% des cours. Mathématiquement, les cours restants, sont effectués pour 53 fois le prix horaire des vacataires (qui sont déjà mieux rémunérés qu’à l’université). De magnifiques dérives budgétaires que l’Etat, qui verse une subvention en augmentation de 33,3% sur cinq ans, n’a même pas daigné questionner jusqu’à la mort du roi dépensier… Et si le changement, c’était la semaine prochaine ? Républicainement votre, Louis J. Abela.

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