Sciences-Po à replacer au coeur du service public ?

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Fragilisée par un rapport de la Cour des Comptes, Sciences-Po est au coeur du débat. Et si l'école de la rue Saint-Guillaume devait être replacée au coeur du service public ?

On a tendance à l'oublier, mais Sciences-Po, où étudie Teddy Riner, est une institution publique. Ce qui signifie que ce statut oblige l'école de la rue Saint-Guillaume à des obligations, ainsi qu'à des missions de service public. L'on comprend mieux pourquoila mauvaise gestion de ces comptes concerne le pays entier, et pas seulement les élèves de l'école. Car depuis quelques temps déjà, Sciences-Po fait en sorte de prendre son indépendance vis à vis des obligations conférées par son statut : financements, démocratie interne... Il y a bien longtemps que l'Etat ne met plus son nez dans les affaires de la prestigieuse école ! Dans un article récent, le Monde pointe ainsi le danger du désengagement financier de l'Etat vis à vis de Sciences-Po.

Sciences-Po à replacer au coeur du service public ?

En effet, les financements privés de l'école ne cessent d'augmenter, tandis que ceux de l'Etat ne cessent de diminuer. Mais pourquoi l'Etat se désengage-t-il peu à peu du financement de Sciences-Po ? En premier lieu, il faut pointer l'explosion des frais de scolarité, calculés sur la base du revenu de la famille de l'étudiant. Sur la période 2003-2012, leur plafond a triplé, passant de 4000 à 13 500 euros annuels. Rappelons que les boursiers étant exonérés des frains d'inscription, ce sont donc les élèves issus des familles les plus aisées qui permettent à l'école de tenir le rythme. 20% des étudiants de Sciences-Po proviennent donc de foyers gagnant plus de 200 000 euros par an. Est-ce juste ? Non, bien sûr, mais Sciences-Po est entrée dans un cercle vicieux : plus ses frais sont abracadabrants, moins l'Etat s'engage. Moins l'Etat s'engage, plus les frais sont abracadabrants.

Sciences-Po à replacer au coeur du service public ?
Sciences-Po à replacer au coeur du service public ?