Révolution syrienne, parlons plutôt de guerre civile ! C'est l'avis de Louis

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Alors que le conflit perdure en Syrie entre les rebelles et l’armée, les médias persistent à parler de révolution alors même qu’il y à la toutes de nombreuses caractéristiques d’une guerre civile.

Alors que les étudiants français sauront enfin s'ils auraient du se préparer à la fin du monde, comme vous l'expliquait meltyCampus, les syriens passeront Noël sous les bombes ! Et malgré ce qu’en pensent quelques commentateurs, cette situation n’est pas prête de s’arrêter, le régime de Bachar Al-Assad disposant encore de nombreux soutiens dans cette guerre civile. Car c’est bien de cela dont il s’agit : pas seulement d’une révolution, mais avant tout d’une guerre civile, voire d’une guerre ethnique et confessionnelle. Vous le savez, Bachar Al-Assad est un musulman sunnite de l’ethnie alaouite, minoritaire, mais représentant tout de même 15% de la population, et surtout l’immense majorité des fonctionnaires et des soldats du régime. Sans être nécessairement partisans du pouvoir en place, les alaouites, soutiennent le gouvernement, par crainte de représailles après tant d’années de collusion avec le pouvoir, et de privilèges.

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Egalement alliés par défaut, les kurdes et les chrétiens de Syrie, soit 14% de la population cette fois-ci, soutiennent Al-Assad pour des raisons similaires. En effet, Les frères musulmans syriens, contrôlant certaines des milices rebelles, sont très soutenus par le gouvernement turc. Dès lors, les 5% de kurdes du pays craignent d’être visés par les rebelles, sous les ordres du gouvernement turc. Les chrétiens quant à eux craignent que les nombreux islamistes de la rébellion pourraient être tenté de procéder à des massacres là aussi pour les expulser du pays. Enfin, une partie des sunnites craint que la situation ne dérape aussi gravement qu’en Irak, en particulier étant donné leur longue collusion avec le pouvoir en place. Les milices chiites pourraient là encore vouloir se venger après cette longue période de dictature…

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Nos médias ont cette tendance malheureuse à dépeindre cette situation comme une lutte entre des rebelles épris de liberté, et un dictateur tirant sur son propre peuple. Cette vision simpliste, qui ne convainc même pas BHL de dégainer sa chemise, est malheureusement erronée, la Syrie n’est pas la Lybie. Bachar Al-Assad n’a pas besoin lui de recruter des mercenaires pour se défendre, il dispose d’une garde nationale d’élite, et du soutien d’une grande partie des minorités ethniques et confessionnelles de Syrie. De plus, contrairement à la situation de la Lybie de Kadhafi, la division de la Syrie n’est pas géographique, rebelles et soutiens du régimes sont imbriqués sur tout le territoire, même si les rebelles ont l’avantage dans le nord, près de la frontière turque. Bachar Al-Assad dispose encore de nombreux soutiens dans son pays, et ce n’est pas prêt de changer.

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Mais il dispose également d’atouts à l’international. En effet la Syrie est "très bien" entourée : la Turquie au nord, l’Irak a l’est, le Liban et Israël à l’ouest, et la Jordanie au sud. Une trop grande instabilité syrienne pourrait déstabiliser les fragiles équilibres de toute la région. Israël craint ainsi de voir l’émergence de nouveaux groupes terroristes à ses frontières ou d’un état islamiste syrien. Au Liban, ce sont les liens anciens entre le Hezbollah et le régime qui laisse présager que le groupe terroriste soutienne Al-Assad contre les rebelles, exportant la guerre civile au Liban déjà très fragile… En Turquie, c’est d’une guerre avec la Syrie que l’on s’inquiète. Les combats proches de la frontière et l’utilisation du sol turc comme base arrière rebelle créé des tensions susceptibles de provoquer un conflit ouvert.

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Dès lors personne n’ose intervenir dans le conflit de peur de mettre le feu à cette formidable poudrière. De plus, les alliés de la Syrie, l’Iran, où les étudiants sont réprimés, et la Russie, n’entendent pas perdre l’appui que représente Bachar Al-Assad dans la région. La Russie notamment, a besoin des ports syriens pour disposer d’un accès à la méditerranée. Dès lors, la seule solution est de faire appel à une force extra-onusienne d’interposition entre les belligérants. En effet l’ONU n’est pas à même de mettre en place une force de casques bleus qui ne serait pas rejetée, ni par le peuple syrien, ni par les alliés d’Al-Assad. Elle ne devra contenir aucune force occidentale, mais des forces russes, avec l’accès des russes aux ports garanti au préalable. Afin de satisfaire toutes les parties, elle devra comprendre des forces musulmanes, shiites et sunnites, de pays arabes et non arabes. Ce n’est qu’à ces conditions qu’il sera possible de faire accepter l’idée d’une intervention à la Russie et à la Chine. C’est le seul moyen d’imposer une paix durable, plutôt qu’un bourbier irakien. Républicainement votre, Louis J. Abela.