Rentrée à la fac de Nanterre-Paris 10 pour les étudiants réfugiés !

Ecrit par

L'université avait mis en place une boîte mail spéciale pour ces candidatures inhabituelles. 20 nouveaux étudiants ont fait leur rentrée.

Le jour de la rentrée, tous les étudiants sont un peu perdus... mais jeudi 28 janvier 2016, la fac de Nanterre a accueilli un groupe de petits nouveaux pas comme les autres. Une vingtaine de jeunes réfugiés sont venus s'inscrire. Ils viennent en majorité de Syrie, mais aussi de Somalie ou d’Irak. Deux traductrices leur ont fait visiter le campus dans un mélange d'arabe et d'anglais, rapporte Le Parisien. Les nouveaux étudiants ont fait le tour des bâtiments de la fac, avec sa piscine, ses cours de yoga, sa bibliothèque et son Crous. Ils inaugurent un nouveau cursus, le Diplôme Universitaire d’Initiation à la Langue et la Civilisation Françaises (DU ILCF). Ces étudiants ont en moyenne 30 ans. Droit, lettres, architecture, informatique ou ingénieur... tous sont déjà diplômés dans leur pays. Leur point commun, ils ne maîtrisent pas le français. "Si nous voulons trouver un travail ici, nous devons connaître la langue. C’est notre seul moyen de survivre" explique Yasmine, diplômée en anglais.

De février à juin, ces nouveaux élèves suivront cinq heures de cours de français par jour. Une initiative proche des cours de français aux réfugiés de la fac de Strasbourg. Environ 200 personnes avaient postulé pour ce programme. "C’est une tradition de notre université d’être très ouverte, sociale et solidaire. Nous n’avons heureusement pas eu à choisir. Seuls ces vingt étudiants étaient Franciliens et avec un niveau de français insuffisant pour accéder au cursus universitaire classique" a déclaré Carole Godard, vice-présidente déléguée à la formation initiale et à l’innovation pédagogique. Chaque réfugié s'est vu attribuer deux parrains ou marraines par tirage au sort à la fin de la visite. Rania (36 ans) est parrainée par Éléonore. Dans une autre vie, elle enseignait l'architecture à la fac de Damas. Aujourd'hui, elle fait des ménages. "C’était très dur mais j’avais besoin d’argent. Ici, je vais pouvoir apprendre". Elle espère devenir traductrice, comme ces réfugiés Syriens qui enseignent l'arabe sur NaTakallam pour gagner leur vie. "Il faut aller vers les autres" précise-t-elle. Ne pas rester entre soi, pour avancer coûte que coûte. Que penses-tu de cette initiative ?

Source : Le Parisien