L'université en danger ?

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La réforme de l'université, présentée le 20 mars en conseil des ministres, suscite l'hostilité d'une partie du personnel de l'enseignement supérieur. Des craintes justifiées ?

La ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso suscite l'inquiétude. Après avoir émit des doutes concernant la suppression de la demi-part fiscal, elle a promis de tenir comptes des récriminations et des doléances du corps enseignant après la grande consultation des Assises de l'enseignement supérieur et de la recherche. Mais son projet de loi sur la réforme des universités, qui sera présenté en conseil des ministres le 20 mars, a des difficultés à convaincre certains universitaires dont le collectif "Sauvons l'université". Christine Noile, la présidente de ce collectif argue que la future loi Fioraso s'apparente à la première loi LRU voté pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. "Absolument. Cette loi s'appuie sur les mêmes fondements que la précédente majorité, en refusant notamment de remettre en cause le principe de l'autonomie des universités. Quel est l'objectif de cette autonomie ? Faire des économies au détriment de l'enseignement supérieur et de la recherche !".

L'université en danger ? - photo
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Le collectif exige que "dans la loi, soit actée la sanctuarisation de la masse salariale, donc l'impossibilité de la réduire. Que soit également réaffirmée l'obligation de "flécher" les dotations versées par l'Etat." La présidente estime que la loi envisagée par la ministre de l'enseignement supérieur est plus autoritaire que celle de la loi Pécresse. Elle dénonce "les pouvoirs trop importants qui ont été concédés au président par la loi LRU" et qui "ne seront pas affaiblis par la nouvelle loi.". Sauvons l'université est également contre l'obligation de fusionner les établissements su supérieur d'un même site (université et grandes écoles) pour devenir un interlocuteur unique du ministère : "Quand on sait combien les Assises de l'Enseignement supérieur ont critiqué le mille-feuille administratif universitaire, pourquoi en ajouter une couche ?" s'interroge-t-elle. La volonté de la ministre de remanier l'offre universitaire se heurte pour le moment, à de fortes résistances.