Prostitution étudiante : Les "French sugar babies" en débat

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Françoise Gil, sociologue et spécialiste de la prostitution, a été interviewée par Le Monde sur la question des "French sugar babies". Une nouvelle forme d'escorting qui fait débat. meltyCampus fait le point

Invitée à s'exprimer à propos de seekingarrangement.com, le nouveau site de rencontre qui propose des "relations mutuellement avantageuses" entre hommes riches et jeunes femmes séduisantes, Françoise Gil considère ce concept comme "une nouvelle forme de prostitution étudiante". "Seekingarrangement n'est rien d'autre qu'une formulation plus light et plus élégante que les formulations habituellement utilisées pour les sites d'escort, mais il définit clairement le fait prostitutionnel" se justifie-t-elle. Visiblement en désaccord avec cette pratique, la sociologue et spécialiste de la prostitution ajoute : "Plutôt que d'être scandalisé par ce recours, il serait plus judicieux de faire en sorte que ces jeunes filles disposent d'interlocuteurs compétents pour les avertir des éventuels pièges que l'activité recèle, pour les informer des règles à observer, pour leur dispenser des conseils de prévention, dans une optique de protection des personnes". Notons que la pratique qui consiste à se faire payer ses études par des hommes riches arrive en France...

Prostitution étudiante : Les "French sugar babies" en débat

Dès lors, des questions se posent quant au statut des "sugar daddies". Pour la plupart étrangers, "peuvent-ils tomber sous le coup de la loi sur la pénalisation des clients qui est en cours d'examen ?" s'interroge Le Monde. Une hypothèse que rejette doucement Françoise Gil. En effet, d'après elle "ce seront les clients "visibles" qui seront le plus pénalisés, ceux des prostituées qui travaillent dans la rue". Une "chance" pour les adeptes de la pratique. Quant aux sites hébergeurs, certains d'entre eux appartiendraient à des réseaux de proxénétisme et seraient donc "coupables" d'exploiter de jeunes femmes, bien souvent retenues dans des "appartements de fonction" où les clients se rendent. Une expérience douloureuse qu'a connue Nadia, séquestrée et prostituée de force. Un mal difficile à combattre, qui irrite au plus haut point Mme Gil : "La lutte contre le proxénétisme est un impératif national, voire international et, bien que des réseaux soient régulièrement démantelés par la police, l'effort reste grandement insuffisant !".

Source : http://www.lemonde.fr