Prostitution étudiante : Les chiffres qui choquent

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Une enquête menée sur le campus de l'université Paul Valéry, à Montpellier, révèle les vrais chiffres de la prostitution étudiante.

En France, la prostitution étudiante est une réalité mais reste un phénomène difficile à mesurer. Des chiffres circulent, sans que l'on sache véritablement s'il faut les prendre au sérieux ou non ; ainsi, le syndicat étudiant SUD-Étudiant estime que 40 000 étudiants en France se prostitueraient. Le comité de prévention de la prostitution étudiante de l'UM3 (université Paul Valéry à Montpellier) a mené sa propre enquête en envoyant un questionnaire sur les boîtes mails des 18 000 étudiants inscrits en 2011-2012. Le taux de retour fut significatif puisque 1 797 réponses ont été enregistrées. Le chiffre qui nous intéresse le plus est alarmant : 4 % des étudiants qui ont répondu, soit 22 garçons et 37 filles, déclarent qu'ils ont déjà accepté une rétribution en échange d'un acte sexuel.

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Un échantillon représentatif ?

Encore plus alarmant : 52,3 % de l'échantillon considère qu'accepter un acte sexuel en échange de cadeaux ou d'argent peut-être un moyen de se sortir de la précarité. Toutefois, ils sont 84% à affirmer qu'ils ne songeraient pas à accepter un acte sexuel en échange de cadeaux ou d'argent pour sortir d'une situation précaire. L'échantillon est-il représentatif ? Pas forcément, selon Bruno, étudiant en Master de sociologie, qui mène justement un travail sur la prostitution étudiante : "Les chiffres peuvent varier énormément d'une ville à l'autre, et surtout d'une fac à l'autre. Une université telle que Paul Valéry brasse des étudiants issus de milieux sociaux très différents. Certains sont dans une grande précarité. Une situation que l'on retrouvera de façon moins importante dans une fac telle que Montpellier 1 ou dans une ville telle que Bordeaux, par exemple".

Mais pour Claire Grangeau, attachée de prévention à l'établissement montpelliérain de l'Amicale du Nid qui travaille sur les campus des villes de la région, la situation de précarité n'explique pas totalement l'acte prostitutionnel. "Il y a, dans la plupart des cas, un terrain qui y prédispose, comme des ruptures familiales." expliquait-elle dans les colonnes de Midi-Libre. Une situation également relevée par notre étudiant en sociologie : "Montpellier est une ville connue par les étudiants en rupture familiale. C'est l'une des premières villes de France accueillant des jeunes fugueurs, par exemple" explique-t-il.