Prostitution étudiante, les chiffres noirs

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Véritable fléau dans les grandes villes françaises, la prostitution étudiante est un phénomène pourtant mal connu. Combien d'étudiants sont concernés ? Ont-ils une chance de s'en sortir ?

Combien sont-ils à financer leurs études en vendant leur corps ? Selon le syndicat étudiant Sud-Étudiant, ils seraient 40 000 étudiants, avec une majorité écrasante de jeunes femmes. Si le chiffre paraît un peu trop exagéré, nul ne peut cependant nier que le phénomène est en pleine expansion, suite à la précarisation de la situation étudiante. Le coût de la vie étudiante a en effet augmenté de 50% en dix ans ! Une hausse que les étudiants ne peuvent pas forcément assumer, surtout s'ils vivent dans des villes très chères, comme Paris. Ce serait donc là la cause principale de l'explosion du nombre de prostitué(e)s chez les étudiants. "Je travaillais 15 heures comme caissière mais c’était trop difficile avec les cours" confiait il y a quelques mois Lila, étudiante en sociologie à Lyon, à nos confrères du Progrès. "Quand j’ai vu les tarifs pratiqués sur Internet, je me suis dit : c’est clair, je me lance" résume-t-elle. “Une frange assez importante des étudiants (20%) vit dans des conditions délicates, au moins parce qu’ils sont amenés à travailler beaucoup, longtemps, et concurremment à leurs études, ce qui s’avère très préjudiciable à leur réussite universitaire. Les étudiants en situation de pauvreté grave et durable représentent, eux, 1,5% de l’ensemble" expliquait l’Observatoire de la vie étudiante.

Prostitution étudiante, les chiffres noirs
Prostitution étudiante, les chiffres noirs

Un phénomène qui pose de graves questions sanitaires. Comment ces étudiantes choisissent-elles leurs clients ? N'y a-t-il pas un risque de marginalisation ? La plupart des étudiantes qui acceptent de livrer leur histoire parle d'une prostitution choisie, d'un boulot comme un autre, pas vraiment facile, mais avec ses côtés agréables. L'avènement d'Internet leur a permis d'éviter les trottoirs et les risques encourus par le racolage. La plupart d'entre elles se définissent d'ailleurs davantage comme des "escort girls" que comme des prostituées. Un autre visage de cette réalité est la location à titre "gracieux" d'un appartement en échange de faveurs sexuelles à son propriétaire. Aucun chiffre officiel n'existe sur cette pratique, mais des sites internet se sont faits une spécialité de cette prostitution étudiante. En Grande-Bretagne, un site internet proposait récemment à des étudiantes de leur payer leurs études en échange de relations sexuelles avec de riches businessmen !

Prostitution étudiante, les chiffres noirs
Prostitution étudiante, les chiffres noirs