Programme l'Oréal pour les filles et la science : Zoom sur Hélène Petot, marraine du projet

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Hélène Petot est la marraine du nouveau projet de la fondation l'Oréal qui cherche à casser les préjugés sur les femmes scientifiques et à encourager les jeunes filles dans cette voie. meltyCampus a voulu en savoir plus et lui a posé quelques questions.

Lors de la soirée de lancement du nouveau programme pour les filles et la science, nous avons pu rencontrer Hélène Petot, qui a très gentiment accepté de répondre à nos questions. Le fait qu'elle ait été choisie comme marraine n'a rien d'étonnant : de son propre aveu, elle est arrivée en sciences "un peu par hasard", et ne le regrette pas une seule seconde. Hélène, au lycée, était une très grande sportive, au point que son professeur de mathématiques tente de la pousser à arrêter le sport, lui disant qu'elle n'aurait jamais son bac. Elle ne l'a pas écouté, et bien lui en a pris : son bac – scientifique -, elle l'a obtenu. Sans mention, cela étant dit. Elle s'est dirigée vers la fac de médecine mais a raté le concours d'entrée en deuxième année, deux fois de suite. "On ne m'a jamais dit que c'était possible de faire des sciences", raconte-t-elle, "mais parfois, un échec, ça aide". Pourtant, il y a plein de possibilités pas forcément élitistes : on peut très bien s'y lancer avec un BTS en poche et pas un bac +8 dans une prestigieuse école privée. Hélène, elle, a choisi la fac, en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives), spécialité entraînement sportif, puis en Master au Canada, avant d'achever sa thèse. D'ailleurs, si vous avez envie de l'imiter, Nanterre Paris 10 organise chaque année une journée porte ouvertes pour les futurs STAPS.

Programme l'Oréal pour les filles et la science : Zoom sur Hélène Petot, marraine du projet

À l'issue de ces études, elle devient enseignante-chercheuse en STAPS à l'université de Nanterre. Avec son équipe, elle travaille sur la physiologie du corps humain lors d'une activité physique. Et elle est brillante : elle a obtenu la bourse For Women in science du programme l'Oréal-UNESCO en 2010. Elle a accepté de devenir la marraine du nouveau programme car, dit-elle, "c'est un engagement personnel […] j'aurais aimé qu'on le fasse pour moi". Elle souligne qu'il y a toujours un problème de sexisme dans le milieu universitaire : "les jurys, c'est 100% d'hommes"; "on ne m'a pas facilité la tâche", ajoute-t-elle. Il est vrai que la misogynie dans les universités est toujours aussi préoccupante, en témoigne cette société "secrète" à Oxford qui organise des soirées d'un sexisme ahurissant. Pourtant, son entourage ne l'a pas découragée; les gens ont été plutôt étonnés : "En plus, vous êtes capable d'allier les sciences et le sport", lui dit-on. Elle a de plus la chance d'avoir une famille qui la soutient, et ses amis sont assez compréhensifs.

Le choix d'Hélène comme marraine est donc très judicieux. Il est plus facile pour les lycéennes de s'identifier à une femme jeune, au parcours universitaire plus proche de ce qu'elles imaginent possible que les grandes écoles. "Mon but est de leur montrer que les sciences sont partout, que tout est possible, que c'est un métier épanouissant, et qu'il ne faut pas qu'elles se sentent diminuées […] ça me plaît, je parle de ce que j'aime". Le rôle des parents est également très important, explique-t-elle. Beaucoup pensent qu'il n'y a pas de débouchés dans les filières scientifiques, que ce sont des études longues et chères. Certains ne savent même pas que ces métiers existent. De plus, ajoute-t-elle, le travail sur les lycéens est une chose, mais il faudrait aussi s'adresser aux professeurs et aux parents. On ajoute que les étudiants ont leur rôle à jouer : la vidéo que certains ont réalisée pour dénoncer le sexisme dans la publicité a par exemple fait le tour du web.

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