Prix Goncourt des lycéens: Cette année encore, un franc succès!

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Ce jeudi 9 octobre a eu lieu la rencontre régionale Île-de-France du prix Goncourt des lycéens, cette année encore plutôt motivés par l'événement. meltyCampus est allé voir sur place pour vous offrir un petit compte-rendu.

Tout le monde connaît le prix Goncourt, prestigieuse récompense littéraire qui récompense chaque année le meilleur livre de la sélection depuis plus d'un siècle. En 1988, la Fnac a créé son équivalent pour les lycéens, qui élisent l'ouvrage qu'ils ont préféré. Aujourd'hui, douze auteurs – sélectionnés pour le prix – sont allés à la rencontre des lycéens franciliens à l'amphithéâtre 1 de l'université de Créteil. L'UPEC, coutumière des événements culturels des jeunes, avait aussi accueilli les lycéens pour leur orientation récemment. À 13h40, ils ont écouté David Foenkinos (Charlotte, histoire vraie d'une artiste peintre morte enceinte à 26 ans), Kamel Daoud (Contre-enquête, inspiré de L'Etranger d'Albert Camus), Gilles Martin-Chauffier (La Femme qui dit non, trio amoureux à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale) et Pauline Dreyfus (Ce sont des choses qui arrivent, une femme frivole face à l'Occupation). Malgré des thèmes communs très sombres – la guerre, la mort et la violence – les lycéens se sont montrés curieux et enthousiastes. Pendant une heure, ils ont pu poser toutes les questions qu'ils voulaient aux quatre écrivains nominés.

Prix Goncourt des lycéens: Cette année encore, un franc succès!
Prix Goncourt des lycéens: Cette année encore, un franc succès!

Contre-enquête les a particulièrement intrigués. "Pourquoi réécrire l'Etranger du point de vue du frère de la victime ? ", ont-ils demandé. Kamel Daoud a rectifié: "Ce n'est pas une réécriture […] personne n'a jamais pensé à faire parler l'Arabe. Je suis le premier". Charlotte a été perçu comme "une obsession": "Est-ce lié au thème du suicide ? ". David Foenkinos s'est dit "foudroyé": L'œuvre de Charlotte Salomon, "une autobiographie picturale […] se lit comme un roman". Il se dit également attristé par le manque de reconnaissance de cette artiste trop méconnue. Le thème du changement des personnages a aussi suscité la curiosité des lycéens. "Est-ce que vos personnages changent ? ", ont-ils demandé franchement à Gilles Martin-Chauffier. "Un bon héros change", a-t-il tout simplement rétorqué. Puis s'est posée la question du message transmis par les œuvres. "Il n'y a pas de morale et il n'y a pas de réponse", a répondu Pauline Dreyfus, farouchement opposée à l'idée d'une histoire moralisatrice dans ses livres. "Le travail d'écrivain va au-delà du message", a renchéri Kamel Daoud. "S'il part d'un message son travail est raté". On a quand même pu lire des livres qui mettent en garde contre l'hédonisme débridé, commeLe portrait de Dorian Gray, la redécouverte de Jade, étudiante en journalisme.

Prix Goncourt des lycéens: Cette année encore, un franc succès!

meltyCampus a ensuite interviewé quatre lycéens en première au lycée de la Nouvelle Chance de Cergy : Amélie, Etienne, Amélie (encore) et Maxime. "C'est très bien de rencontrer des auteurs […] ça ne peut rapporter que des bonnes choses", ont-ils dit. Etienne a même déclaré être "un peu fâché avec les livres" mais "avec la façon dont les auteurs en ont parlé, ça m'a donné envie de les lire". Une des deux Amélie a pour projet de devenir éditrice. Elle a été emballée par le réalisme des romans présentés : "C'est la réalité […] on a envie de lire du réel". "Dans une histoire de base, ils y a toujours les gentils et les méchants", ajoute son amie. La France est peut-être en retard sur le numérique, mais pas sur la littérature.

Prix Goncourt des lycéens: Cette année encore, un franc succès!

Les lycéens ont été emballés par la subtilité des œuvres, qui ne leur épargnent pas les thématiques très difficiles. "J'aime le message derrière, la réflexion", explique Etienne. "Les sujets sont violents mais quand les auteurs nous expliquent, ils nous emmènent dans leur monde", renchérit Maxime. "La Peau de l'ours (de Joy Sorman, ndlr), je l'ai choisi pour sa première phrase", explique Etienne. "Pourtant c'est un sujet assez dur : le viol d'une femme par un ours. […] Mais il se démarque des autres livres". On souhaite à ces quatre lycéens, qui ont eu la gentillesse de répondre à nos questions, de réussir brillamment leurs études. Vu la pertinence avec laquelle ils analysent les romans, ça ne devrait pas leur poser trop de problème. Pour ceux qui n'ont pas envie de se frotter à des romans qui parlent de guerre et de violence, vous pouvez toujours vous rabattre sur notre top 5 des auteurs coquins que tous les étudiants doivent connaître. Quoi qu'il en soit, qui a dit que les jeunes ne lisaient pas ?