Pourquoi faut-il se réjouir du sauvetage d'Erasmus : l'avis de Louis.

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Après de longues incertitudes, la rallonge de 90 millions nécessaire à la survie du programme à été approuvée cette semaine par le conseil européen, elle sera votée le 8 ou le 9 novembre par le parlement.

S’il est vrai que seuls les étudiants participant, ou ayant participé au programme se sentiront suffisamment concernés pour éprouver un léger soulagement, je pense que le sauvetage du fameux programme Erasmus est l’information la plus heureuse de cette rentrée, du moins pour tous les europhiles. En effet, le couperet budgétaire de la rigueur a épargné le cou de la belle initiative européenne grâce aux efforts de son plus dévoué courtisan, le député européen Alain Lamassoure. Une mise à mort qui eut été désastreuse pour tout approfondissement de la construction européenne.

Pourquoi faut-il se réjouir du sauvetage d'Erasmus : l'avis de Louis.

Ainsi, pour un idéaliste rêvant de la création d’un véritable sentiment d’identité européenne tel que moi, pareil projet ne peut se réaliser qu’à travers un véritable brassage des peuples. Celui-ci ne devrait dont plus se limiter au traditionnel échange entre l’Europe du Nord et du Sud de jeunes dynamiques contre des retraités en mal de soleil. Non messieurs dames, ne nous contentons pas d’accueillir les services à thé de nos voisins ! Que l’Allemagne ne se contente pas de réceptionner des flots de jeunes gens en recherche de travail ! Non messieurs dames, espérons pour nos descendants une Europe européanisée dans laquelle être allemand et rouler en Peugeot ne serait pas un signe de pauvreté. Espérons qu’un jour, les « capitales » européennes ne comprendront plus une majorité de natifs du pays, mais une majorité diversifiée et intégrées de citoyens européens.

Pourquoi faut-il se réjouir du sauvetage d'Erasmus : l'avis de Louis.

Mais bien sur, vous penserez que je m’égare. Erasmus, vous direz vous sans doute, il ne s’agit que d’un programme permettant aux étudiants européens d’effectuer une portion de leurs études dans un établissement d’enseignement supérieur d’un autre pays du programme. En somme, rien de particulièrement important. Et pourtant, ce projet devrait s’avérer à terme être le ciment de l’identité européenne, de l’Etat fédéral européen. Imaginez la puissance de la première zone économique mondiale, forte de 500 millions d’habitants, et ce sans compter les futures adhésions supplémentaires, si elle était politiquement uni, et capable de s’exprimer de la voix d’un seul élu.

Pourquoi faut-il se réjouir du sauvetage d'Erasmus : l'avis de Louis.

Erasmus, en faisant vivre en communauté les peuples européens, en les obligeant non pas à se supporter comme l’on supporte sa famille lors du réveillon de Noël, mais à s’accepter, à s’apprécier, à se solidariser même. Cette mixité forcée, à ces âges tendres de l’insouciance provoque également l'apparition de quelques gazouillis d’enfants… Ce million de bébés évoqués par Alain Lamassoure, formerait, avec les trois millions de participants qu’a connu le programme, une communauté à l’identité européenne affirmée, représentant aujourd’hui 0,80% des habitants de la zone. Il serait donc fort intelligent de la part des politiques résolument europhiles d’augmenter les crédits de ce programme, afin de financer l’avenir de notre peuple européen.

Pourquoi faut-il se réjouir du sauvetage d'Erasmus : l'avis de Louis.

Au cas où la question vous trotterait dans la soupière, je suis en effet un europhile convaincu. Contradictoire avec ma signature habituel ? Pas vraiment. A mon avis, aimer son pays, au dela de sa culture qui est un autre sujet, ce n'est pas l’aimer en tant qu’entité solitaire. On l’aime parmi les autres. Je ne veux pas d’une république française isolée, faible et réduite au silence, alors qu’elle pourrait au sein d’une Europe forte mener le continent tout entier (démographiquement elle devrait rendre obsolète le leadership allemand prochainement) politiquement, économiquement et même idéologiquement. Tel est mon rêve, la grande république française, au sein de la fédération d’Europe. Je me permets donc de signer de la sorte : Républicainemnt Votre, Louis J. Abela

Pourquoi faut-il se réjouir du sauvetage d'Erasmus : l'avis de Louis.