Paris 1 Panthéon-Sorbonne : Portrait de Paul, 22 ans, étudiant en Histoire

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Etudiant en troisième année d’histoire à Paris 1, Paul a 22 ans, a choisi de redoubler celle-ci et organise l’expansion d’un BDE dans les universités parisiennes. Cette année il commentera pour nous l’actualité de sa fac.

Autonomie. Après un bac ES obtenu au lycée privé François Rabelais de Montpellier, Paul choisit quitter sa région. Il décide de venir vivre seul à Paris, pour faire des études d’histoire à la Sorbonne Paris 1. L’ambiance est bonne, surtout au 22e étage : « il a une bonne vue, c’est agréable en TD entre 8 et 10h du matin ». Mais pour pouvoir vivre à Paris, Paul ne compte pas sur ses parents, il lui faut travailler. Les bourses ne sont pas suffisantes, dès lors il enchaîne : animateur de vacance, secrétaire, employé de bureau dans un cabinet de conseil en communication et, depuis avril dernier, en tant qu’hôte à l’Arc de Triomphe pour le Centre de Monuments Nationaux. Après tant de travail, la principale récompense est de ne plus avoir à aller au centre Pierre Mendès France à l’architecture « proche du bunker ».

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Militant. En deuxième année, Paul ajoute une corde à son arc, après les études et le travail, le voilà militant. En effet, c’est l’année des grèves et des blocages contre la réforme des retraites. « Je m’étais promis, le jour ou ils bloquent ma fac, je m’engagerais par devoir civique. Il n’y a pas de raison, je travaille assez pour payer mes études, c’est pas trois guignols qui vont décréter mon droit à étudier » nous confie t-il agacé. Dès lors il s’encarte au Mouvement des Etudiants, le MET, qui prône un nouveau type de prêt étudiant, et milite pour empêcher les blocages. Un engagement efficace, puisqu’en troisième année, il est nommé co-responsable du syndicat à Paris 1. Une année doublement électorale, puisque les élections universitaires sont doublées d’une élection présidentielle, multipliant les tensions.

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Engagé. Mais la politique, surtout étudiante, le déçoit. « Je suis trop jeune pour un véritable engagement politique poussé, je préfère prendre du recul ». Ce n’est pas pour autant l’occasion de se ménager du temps libre, Paul s’engage dans le développement du BDE A Fortiori dans les universités parisiennes. « C’est le premier BDE interuniversitaire, à l’origine à l’UVSQ, nous sommes présents à Paris 1, Paris 2, Paris 4 et Paris 5. Paris 10 étant en projet ». Le BDE s’organise en projets locaux et communs. Ainsi, à Assas, dont le bureau s’est ouvert le 3 octobre, un bureau des arts est à l’étude, afin de permettre la mise en place d’expositions dans l’université et d’aider les étudiants à avoir accès à la culture à l’aide de réductions lors d’événements, comme des concerts de projections. Mais ce sont les projets nationaux qui tiennent le plus à cœur à Paul. Ainsi, il a participé à l’organisation d’un WEI à Tossa de Mar, le second week-end d’octobre. Ce projet qu’il a porté s’est très bien vendu et seules quelques places sont encore disponibles.

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Humanitaire. Mais à propos de troisième axe, après la culture et les festivités, du BDE que Paul semble le plus bavard. Ainsi avec le Rotaract, l’équivalent du Rotary pour les jeunes de moins de trente ans, une banque alimentaire est mise en place chaque Noël afin de permettre aux familles défavorisées des Yvelines de fêter le réveillon dignement. De même, par l’intermédiaire du BDE, les adhérents peuvent financer l’achat d’un bœuf pour un paysan du sahel, afin qu’il puisse doubler sa production et vivre plus facilement.

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Ambitieux. Mais toutes ces activités, il ne les fait pas aux dépens de ses cours. En effet comme il l’explique, le fait de devoir travailler pour payer ses études le pousse à s’investir dans celles-ci. « Tu travailles du coup, tu ne veux pas perdre ton temps, tu fais ton année, le redoublement est vraiment énervant. » Paul le sait, il y est contraint. Mais il l’explique par des « circonstances atténuantes » : son ordinateur est tombé en rideau la semaine de ses révisions, et il est ensuite tombé malade. Dès lors, son premier semestre raté, il a préféré rater les examens du second, pour ne pas gâcher son dossier universitaire précédemment excellent. Car cet étudiant, qui suit également certains cours à Louis Le Grand, entend effectuer un master en sciences politiques à Paris 1, ou alors rejoindre une école de commerce et de gestion.

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