Oxford : La statue de Cecil Rhodes restera en place !

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Les étudiants voulaient voir disparaître la statue de Cecil Rhodes sur le campus d'Oxford. Le déménagement n'aura pas lieu.

Le mouvement étudiant né en Afrique du Sud avait gagné l'Angleterre en décembre 2015. Cecil Rhodes (1853-1902) n'est pas vraiment en odeur de sainteté dans le monde universitaire. Cet ancien bienfaiteur de l'université d'Oxford possède sa statue sur le campus. Problème, de son temps Cecil Rhodes joua aussi un rôle important dans l’expansion coloniale de l’Empire britannique en Afrique australe. Cet industriel fondateur de la société minière De Beers fut également premier ministre de la colonie du Cap (Afrique du Sud) de 1890 à 1896. L'université de la ville porte d'ailleurs son nom. S'il n'a pas contribué directement à la mise en place de l'Apartheid (1948-1991), ses vues racistes sur la "suprématie blanche" ne sont un secret pour personne. Un étudiant sud-africain avait pris fait et cause pour la chute de la statue d'Oxford. Celle du campus de l'université du Cap a déjà été retirée. La campagne Rhodes must fall in Oxford est très active sur les réseaux sociaux.

Démanteler un monument historique en Angleterre ? Plus facile à dire qu'à faire. Le doyen de l'Oriel College où se trouve la statue de la discorde s'était accordé un temps de réflexion. Il vient d'annoncer que le retrait n'aurait pas lieu. Ce sont les riches donateurs qui financent les programmes de l'université qui ont eu le dernier mot. Personne ne prend la défense des opinions de Cecil Rhodes. En revanche, les philanthropes refusent l'idée que leurs contributions puissent un jour tomber dans l'oubli. Céder sa fortune à son ancienne fac, c'est en quelque sorte assurer l'immortalité de son nom. L'université a déjà vu disparaître 1,5 million de livres sterling de dons. Si les donateurs mettaient toutes leurs menaces à exécution, la fac perdrait 100 millions de livres. Elle ne peut pas se le permettre. D'autres voix se sont élevées contre ce mouvement étudiant, pour protester contre "une volonté de réécrire l'histoire". Ôter une statue, ce n'est pas comme de changer la langue d'enseignement. Il n'en découlerait aucun bénéfice en matière de justice sociale. Pour l'Oriel College, le calcul est vite fait. Les étudiants devront se faire à l'idée que l'argent n'a pas d'odeur. Que penses-tu de cette histoire ?

Source : The Telegraph