Osons la France : Gabrielle Mendes de Adecco France présente "Osons parler des emplois de demain"

Ecrit par

Au salon Osons la France, meltyCampus a interviewé Gabrielle Mendes, la directrice de la communication marketing chez Adecco France. Depuis sa création en 1969 à Lyon, ce réseau de 800 agences de conseil RH accompagne les demandeurs d'emploi vers le Graal du CDD/CDI.

Les jobs d'étudiants, voilà une belle invention pour apprendre l'autonomie financière. Si tu te sens l'âme d'un explorateur, tu peux même consulter le top 5 des destinations pour partir à l'étranger pendant les vacances de Noël avec un petit boulot sur place. Mais un jour ou l'autre, il faut bien basculer dans le monde des adultes, avec un vrai salaire. Par "vrai salaire" nous entendons "décent", c'est-à-dire qui te permette de vivre sans te priver ni mendier l'aide de qui que ce soit. Et non, les indemnités de stage inférieures à un RSA, ça ne compte pas ! Dans cette optique, nous t'avons beaucoup parlé sur meltyCampus du salon Osons la France qui se tenait au Grand Palais du 4 au 7 décembre 2014. Si tu n'as pas eu le temps d'y faire un tour, pas de panique ! Nous sommes allés interroger l'un des partenaires fondateurs du salon. La directrice marketing et communication du groupe Adecco France, Gabrielle Mendes, a répondu à nos questions. Elle te présente le programme "Osons penser l'emploi de demain" qui dure bien au-delà du salon.

1- Pourquoi avoir décidé d’organiser le forum « Osons parler des emplois de demain » ?

Nous sommes en totale adéquation avec l’esprit de l’événement Osons la France. Il y a ici de l’audace, de la volonté d’agir pour bouger les lignes et une dynamique positive. Loin de la sinistrose, il existe des entreprises en France qui se battent pour notre tissu économique. En janvier 2013, le groupe Adecco a pris des engagements sociétaux. Actuellement, nous avons rempli 51% de nos objectifs globaux, avec 139 360 personnes mises à l’emploi. En trois ans, nous allons accompagner 270 000 personnes vers l’emploi, avec l’opération La chaîne du oui. Parmi elles, nous visons 100 000 jeunes à travers un premier accès à l'emploi, avec le programme Adecco Way to Work par exemple.

Osons la France : Gabrielle Mendes de Adecco France présente "Osons parler des emplois de demain"
2- Pourquoi viser la cible des 16-25 ans ?

En France, il y a 25% de jeunes de 16 à 25 ans qui sont sans emploi. Dans le réseau Adecco France, nous accompagnons chaque semaine 130 000 intérimaires chez plus de 30 000 clients. Chaque année, nous aidons 7000 demandeurs d'emplois à trouver un CDD ou un CDI. D’une manière globale, 40% des demandeurs d’emploi que nous conseillons ont moins de 26 ans.

3- Quelles sont selon vous les clefs de l’insertion des jeunes ?

Dans notre pays, le diplôme est une première étape pour l’insertion professionnelle mais il ne peut pas remplacer le savoir-être. A compétences égales entre deux candidats, la motivation, l’intérêt pour son marché et la connaissance de son secteur d’activité font la différence. Nous développons l’employabilité des jeunes avec des parcours de formation passerelles et des certificats Comportement Assiduité Professionnalisme (CAP). Sur 130 000 personnes que nous avons mises à l’emploi, 25 000 ont reçu cette certification CAP. Et enfin, il y a l'importance du réseau.

4- Quelles sont selon vous les secteurs qui vont le plus recruter ?

Les branches professionnelles qui recrutent sont liées aux nouvelles technologies. C’est le cas par exemple des secteurs de l’ingénierie, de l’informatique, du e-commerce. D'autres secteurs comme le commerce, la restauration ou encore de l’industrie pharmaceutique embauchent également beaucoup. A contrario, nous constatons chez Adecco France que des secteurs comme le BTP ou l’industrie automobile recrutent peu d’ouvriers et d’employés intermédiaires.

5- Le départ à l’étranger est-il selon vous la bonne solution ?

C’est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Dans un parcours individuel, une expérience à l’étranger forge l’autonomie, aide à s’ouvrir à une autre culture et permet de se créer un réseau. Les grandes entreprises françaises sont friandes de ce type de compétences. Dans le même temps, c’est terrible pour la France de voir ses talents émigrer. Notre pays doit donner envie à ses talents de revenir dans l’hexagone. Je pense que la proposition de loi de Peter Hartz, l'ancien conseiller du chancelier Gerard Schroeder, est une excellente initiative. En France, nous avons des leçons économiques à tirer du lien très fort qui existe en Allemagne entre l’école et les entreprises.

6- Quel conseil donneriez-vous aux lycéens et aux étudiants post-bac ?

Je leur conseille de se concentrer sur trois mots d’ordre. En premier lieu s’informer, c’est-à-dire prendre le temps de consulter la documentation disponible, de se rendre à des salons professionnels, de se renseigner sur les entreprises qui les attirent. Ensuite, savoir s’adapter. Être capable de bousculer les clivages et les barrières est une des clefs de la réussite professionnelle. Enfin, je leur conseillerais d’oser. Ils ne doivent pas hésiter à venir se présenter directement, et à y aller au culot pour entrer en contact avec leur futur employeur.

Source : meltyCampus