Nos Pires Voisins : Quand la fiction devient réalité

Ecrit par

Quand une fraternité étudiante s'installe dans un quartier résidentiel, les voisins sont loin d'être ravis. Cet ancien militaire américain a décidé de se battre pour sa tranquillité. meltycampus revient sur l'affaire :

Dansle film Nos pires voisins sorti en juillet 2014, la caméra nous emmène dans le quotidien d'un couple de trentenaires américains. Ils habitent avec leur bébé dans une banlieue résidentielle paisible, jusqu'à ce qu'une fraternité conduite par un YOLO déjanté n'emménage à côté de chez eux. Ce scénario fait une comédie d'une heure et demie. Mais comme le révèle Brobible, quand la fiction devient réalité, la plaisanterie tourne au cauchemar 24 heures sur 24. A 61 ans, Paul Ghysels est un vétéran de la guerre du Vietnam. Autant dire qu'il ne se laisse pas facilement impressionner. Ce retraité habite avec son épouse à Berkeley, en Californie. Leur quotidien est devenu un enfer à cause de deux fraternités installées dans le quartier. L'une de ces maisons est en face de la leur. Ces associations étudiantes organisent chaque semaine des fêtes débridées. La raison, la décence et la bonne éducation s'y diluent dans l'alcool. Vous voyez les rues de Paris après le passage de la techno parade ? Cela vous donnera une piètre idée de l'état dans lequel les Ghysels retrouvent le jardin devant chez eux après les fêtes de leurs jeunes voisins.

Au départ pourtant, l'histoire commençait bien. En 1988 "lorsque nous avons ré-emménagé ici, dans notre vieille maison de famille, tout allait pour le mieux" explique Paul. Il ajoute même "nous étions invités par les Fraternités le lundi soir pour partager leurs dîners steak et homards. Je leur ai aussi souvent rendu service." L'idylle entre les générations se casse la figure quand les fraternités commencent à rivaliser sur les réseaux sociaux. Les soirées du weekend avec 50 convives se transforment en fêtes géantes qui drainent plus de 500 étudiants jusqu'à 5 heures du matin. Le quartier ne dort plus. La musique s'entend dans tout le voisinage. Les trottoirs sont couverts de déchets. Les étudiants ivres titubent et urinent dans la rue. "Nous sommes en état de siège, et nous ne recevons aucun soutien de la part de l'université ou de la police" regrette le vétéran. Aucune arrestation n'a eu lieu, la police ne se déplace même plus. Les habitants du quartier ont portant fait appel à eux plus de 400 fois en un an. A meltyCampus, nous avons calculé qu'à raison d'une grosse fête par weekend, cela fait presque 8 appels des riverains par soirée étudiante. Soit 1 appel par heure, si la soirée commence à 21 heures. Afin de prouver leur calvaire, les Ghysels ont investi plus de 60 000 dollars dans un dispositif de surveillance. Les images récoltées par la chaîne ABC News sont sans ambiguïté, et assez trash pour figurer parmi nos photos de pires soirées étudiantes :

More ABC News Videos | ABC World News

Depuis quatre ans, Paul Gyhels se bat au tribunal. Il a déjà été débouté une fois. Les fraternités sont des organisations puissantes, soutenues par une armée de 72 avocats. Atteint d'un cancer, le vétéran est déterminé à ne pas se laisser abattre par l'adversité. Il a besoin de toute sa détermination, car pour se venger, les fêtards causent maintenant volontairement le plus de nuisances possibles. Ils renversent les poubelles, envoient des insultes et des menaces de mort et n'hésitent pas à franchir les grilles pour se soulager sur le paillasson. "Nous avons une vidéo où les étudiants jettent des bouteilles de vodka depuis leur balcon en visant notre porte d'entrée" indique Paul. A ce niveau là de mauvais voisinage, nous avons envie de conseiller aux Gyhels de déménager. Ou de les aider à saboter la sono de leurs insupportables voisins. Sinon, nous sommes prêts à enregistrer cette association étudiante dans notre équivalent du mur de la honte, notre top 5 des fraternités les plus controversées. Mais Paul Gyhels est serein. “Je suis assez fort pour continuer à me battre. Je tiendrai jusqu'à ce que le problème soit résolu. Mes amis disent que c'est probablement ce sentiment qui me maintient en vie" affirme-t-il.

Source : http://www.brobible.com/college/article/university-of-california-berkeley-fraternity-neighbors-real/