NaTakallam, pour apprendre l'arabe avec un prof réfugié syrien !

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Apprendre l'arabe dialectal à la fac, c'est compliqué. La plateforme NaTakallam propose d'étudier cette langue en la parlant avec un prof réfugié syrien.

Quelle meilleure façon d'apprendre une langue, que de la parler avec un prof dont c'est la langue maternelle ? C'est l'approche retenue par la plate-forme NaTakallam ("Nous parlons" en arabe). Selon Rue89, la plateforme a été créée par trois diplômés de Columbia à New York sur la côte est des États-Unis. "En tant que Libanaise ayant grandi à l’étranger, je me suis toujours sentie complexée par mon faible niveau d’arabe. J’ai essayé plusieurs types de cours, j’ai pris des professeurs particuliers mais c’était trop coûteux et ça ne répondait pas vraiment à mes besoins" explique Aline Sara, cofondatrice de NaTakallam. Apprendre l'arabe dans le système scolaire classique s'apparente à un parcours du combattant. Dans le monde universitaire (au pays de l'Oncle Sam comme en France), les cours sont généralement dispensés en arabe classique. C'est la langue de l'écrit, de la religion musulmane et des institutions officielles... mais c'est comme d'apprendre le vieux français pour parler avec les gens dans la rue à Paris. Utile surtout pour la linguistique, comme sur la chaîne YouTube Linguisicae. Au Moyen-Orient, les gens parlent l'arabe dialectal dans la vie de tous les jours.

NaTakallam a été conçue en 2014 pour résoudre deux problèmes, l'apprentissage de la langue et la difficulté des réfugiés syriens à trouver du travail. "Au Liban, les Syriens ne trouvent pas souvent un emploi payé correctement, même s’ils sont qualifiés" appuie Sabine Sara. NaTakallam fonctionne grâce d’une ONG sur place. Son travail consiste (entre autres) à recruter des professeurs. Ce sont de jeunes syriens déplacés, prêts à converser sur Skype en arabe avec des étudiants étrangers. Les nouveaux profs doivent disposer d'une connexion internet et parler anglais. Le modèle économique de la start-up privilégie la flexibilité. Les étudiants et leur prof se mettent d'accord sur les horaires et le contenu des cours. Un fonctionnement qui nous rappelle celui de Kokoroe. NaTakallam facture 15 euros de l'heure, dont 10 servent à payer le prof. Le reste part en frais de fonctionnement. "Nous souhaitons développer notre entreprise pour pouvoir permettre à des réfugiés dans d’autres pays, qui parlent des dialectes différents, de faire partie de l’aventure" conclut Sabine Sara. T'inscrirais-tu sur cette plateforme ?

Source : Rue89