MEGA gratuit dans les facs, Kim Dotcom utilise-t-il les étudiants ?

Ecrit par

Kim Dotcom a récemment déclaré qu'il allait mettre gratuitement son service de stockage et de partage Méga, à la disposition des universités. Opération de communication ou réelle volonté de venir en aide aux étudiants ?

Kim "Dotcom" Schmitz est le fondateur du plus gros site de téléchargement de fichier du monde, Mégaupload. Jugée illégale par la justice américaine, la plate-forme est fermée en janvier 2012 et dans la foulée, Kim Dotcom est arrêté. Il est par la suite remis en liberté. Le 19 janvier 2013, l'entrepreneur allemand lance en grande pompe, un nouveau site de partage de fichier : Mega. Il jure que celui-ci est inattaquable sur le plan pénal. Un mois après son lancement, la nouvelle vitrine de Dotcom a franchi le cap des 3 millions d'utilisateurs. 125 millions de fichiers sont actuellement hébergés sur le site et comme promis, le service ne semble pas être sous le coup de poursuites judiciaires. Une situation confortable qui permet à Kim Schmitz de multiplier les annonces. La dernière en date ? Le fondateur de Méga promet de fournir gratuitement son service de stockage et de partage aux universités. Dotcom serait-il devenu philanthrope ? Pas du tout. En bon entrepreneur, l'homme d'affaire cherche à s'accaparer de nouvelles parts de marché. Les jeunes font partie de son cœur de cible. Et quoi de mieux pour les atteindre que d'infiltrer un lieu qu'ils fréquentent toute l'année : l'université ? Schmitz le reconnaît lui-même : "Nous voulons coopérer avec des universités partout dans le monde. Leurs étudiants sont nos futurs clients potentiels ".

MEGA gratuit dans les facs, Kim Dotcom utilise-t-il les étudiants ? - photo
MEGA gratuit dans les facs, Kim Dotcom utilise-t-il les étudiants ? - photo
MEGA gratuit dans les facs, Kim Dotcom utilise-t-il les étudiants ? - photo

Il a raison. Les 15-30 ans sont très nombreux à télécharger et stocker des contenus numériques. Parmi ceux-ci, des films, des séries, de la musique. Pour ne pas être limités dans leur consommation, beaucoup sont prêt à souscrire à un abonnement "premium". Ils voient ainsi la durée des téléchargements diminuer. La capacité de stockage qui leur est allouée est, elle, augmentée. Investir les universités est un choix stratégique qui à terme, devrait rapporter gros sur le plan économique. C'est également une belle opération de communication. Car bien que Kim Schmitz assure de la légalité de sa plate-forme, les noms de Mega et de Dotcom sentent le souffre. La personnalité fantasque de son fondateur et ses démêlés judiciaires ne jouent pas en sa faveur. En s'introduisant dans les universités, Dotcom pense s'acheter, à lui et à sa marque, la respectabilité qui leur fait défaut à l'heure actuelle. Ainsi, Dotcom se sert des facultés pour atteindre de nouveaux clients, générer du profit et réhabiliter son image de marque. Rien d'étonnant à cela. L'allemand est à la tête d'une entreprise qu'il se doit de faire prospérer. Cette démarche s'inscrit dans une stratégie globale. Les étudiants ne seront pas totalement lésés. Bien que dans l'esprit de Schmitz, ils soient considérés comme des vaches à lait, ils bénéficieront gratuitement d'un service de cloud dans leur université. Ils ne sont pas dupes des réelles intentions de Dotcom. Rien ne dit qu'ils souscriront un abonnement payant à son site. Pas sur qu'ils le considèrent utile. Car Mega devra compter sur la présence de Dropbox et d'autres services de cloud, déjà bien installés sur les campus.