Masters Of Sex : Virginia Johnson crève l'écran !

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Chaque semaine, Herveys fait sa rentrée avec un nouveau prof. Il vous fait découvrir le cours auquel il a assisté, même si Herveys n'aime pas vraiment les profs… Cette semaine, zoom sur Virginia Johnson de la série Masters of Sex, pour une petite leçon de sexualité !

Aujourd'hui, je n'ai pas cours, c'est mon lundi de repos. J'imagine que vous connaissez cette sensation d'avoir passé un long week-end mais de ne pas en avoir profité. Peut être parce que j'aime trop la fac, mais en même temps c'est un lieu tellement magique et exotique à sa manière, non ? Par exemple, on a pu avoir un cours rapproché avec Alex Karev ! Si ce n'est pas de l'exotisme ça... Enfin bref, c'est ce que je me dis assis sur un banc dans le jardin du campus, en ne profitant pas de mon lundi sans cours. J'imagine à quoi aurait pu ressembler ma fac dans les années 50. Pourquoi ces années là ? Parce que c'est la période où le sexe était tabou et que l'étude du docteur William H. Masters a considérablement changé l'opinion publique. J'imagine ce qui aurait pu se passer dans mon université avec un cours donné par Virginia Jonhson, l'assistante "libérée" de ce grand docteur.

Masters Of Sex : Virginia Johnson crève l'écran !

Elle portait ces robes vintage que l'on associait aux pin-up de l'époque. Classe et sexy en même temps. Elle avait une démarche droite et autoritaire mais ne l'était pas du tout. Lorsqu'elle se présentait dans notre amphi, le sourire aux lèvres, les étudiants en uniforme ne savaient pas à quoi le cours ressemblerait. Cette petite brune venait nous donner un cours de gynécologie, matière qu'elle pratiquait avec son cher superviseur. Sauf, qu'elle voulait nous présenter l'étude sur laquelle elle travaillait avec William Masters. Pour nous démontrer que le sexe n'avait rien de honteux. "Tout a commencé lorsque le docteur Masters, mon supérieur, s'est demandé pourquoi les femmes simulent l'orgasme. Et je sais que dans la salle, vous êtes nombreuses à le faire, sans que vos petits-amis le sachent. Notre recherche tente de comprendre les effets du sexe, et plus particulièrement, ceux de l'orgasme."

Masters Of Sex : Virginia Johnson crève l'écran !

Étonnés, mes camarades la questionnaient sur sa propre pratique dans la recherche. Les femmes, outrées mais fascinées, trouvaient cette étude révolutionnaire, car elle remettait en question le statut de "poule pondeuse" qu'avaient les femmes à cette période. Les hommes, entre incompréhension et désir de comprendre, voulaient savoir comment, elle et Masters, pratiquaient cette étude. "Nous mesurons, calculons et observons, à partir de vrais cobayes, des sujets volontaires. Et ne me dites pas ce qu'on nous a dit avant vous. Ce n'est pas de la pornographie, c'est de la science", expliquait-elle à l'amphi. "Etes vous professeur ?" demandait l'étudiant à côté de moi. "J'étais chanteuse dans un cabaret, puis j'ai décidé de me ranger. J'ai des enfants, je voulais leur donner un mode de vie convenable. Alors j'ai postulé à un poste de secrétaire et William m'a acceptée. Puis, il m'a donné de nouvelles responsabilités et un nouveau titre : assistante chercheuse." Pourquoi cette promotion alors qu'elle n'a pas de diplômes ? s'étonne la plupart de mes camarades. En fait, Virginia a une vision différente des femmes de l'époque. Elle assume son corps et revendique le fait que celui-ci lui appartient.

Masters Of Sex : Virginia Johnson crève l'écran !

A présent, tout le monde avait compris. Ils étaient intéressés et attentifs. Pourtant, il y avait une question à laquelle ils n'avaient pas de réponse : pratiquait-elle les recherches avec son chef ? À cela, elle répondit très simplement. "Vous savez, Jonas Salk s'est porté volontaire, ainsi que sa famille, pour tester les premiers vaccins sur la polio. Werner Forssmann s'est introduit une sonde dans le coude, l'a fait remonter jusqu'au cœur et s'est radiographié, pour prouver que le cathétérisme était possible. Il y a une longue et saine tradition de scientifiques, sujets de leurs propres études. C'est une nouvelle étape pour la femme, après le droit de vote" ajoutait-elle pour confirmer l'interrogation des élèves. "Qu'avez vous découvert ?" demandaient les étudiants, avides de développer leurs connaissances sur la sexualité. Elle nous donnait un cours approfondi sur les réactions sexuelles, schémas et photos à l'appui. Très intéressant, c'était.

Masters Of Sex : Virginia Johnson crève l'écran !

Sa vision très moderne du sexe était un point fort pour son étude qui voulait changer l’évolution des mentalités. Elle semblait tellement ouverte et positive. Son côté maladroite ne se remarquait que quand elle était face au génie William Masters. Cependant, cet homme compliqué, parfois renfrogné, maniaque, extrêmement sûr de lui et pas particulièrement doué pour les relations humaines, n'aurait rien pu faire sans elle. Virginia n'était pas une prof comme une autre. Simplement parce qu'elle ne l'était pas. Parce qu'elle n'existe plus. Mais ses travaux l'ont rendue éternelle. La série Masters of Sex raconte son histoire. J'ouvre les yeux et je me dis que j'aurais aimé vivre à cette époque, période révolutionnaire en matière de sexe, mais pas que ! Grâce à leurs études, Virginia et William établissent notamment que, pendant l'amour, les êtres humains passent par un cycle sexuel composé de quatre étapes (phase d’excitation, phase en plateau, orgasme et enfin, résolution). Leurs recherches marquent également de multiples avancées concernant la sexualité féminine, prouvant notamment que la femme, contrairement à l’homme, est capable d’orgasmes multiples. N'auriez-vous pas voulu assister à cette manifestation d'évolution sociale ?

Le générique
Masters Of Sex : Virginia Johnson crève l'écran !