Manifestations en Turquie : L'étudiante française prenait des photos pour son article

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Partir en Erasmus et finir en prison. Drôle de situation dans laquelle se retrouvent quatre étudiants arrêtés lors des manifestations turques. Deux d’entre eux sont des françaises, Céline et Lorraine. meltyCampus vous en dit plus sur cette affaire.

Dans la nuit du 3 au 4 Juin, la police stambouliote s’est livrée à une série d’arrestations dont ont découlé 82 gardes à vue dont celle de sept étrangers. Lorraine Klein en fait partie. Cette jeune étudiante en journalisme à Nantes, en échange à l'université Galatasaray a le malheur de s’être pour ainsi dire trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. La seconde française, Céline, sur laquelle ont pour l’instant filtrées peu d’informations se trouvait sur place dans le cadre d’un volontariat européen. Elle n’a pu prévenir sa famille de son arrestation que le 6 Juin soit 2 jours après. Le site Youphil est parvenu en revanche à contacter une des professeurs de Lorraine, restée à ses côtés au poste de police."J'ai passé toute la nuit du 5 au 6 juin avec Lorraine. Elle a tenu le coup et elle a le moral. Elle veut être journaliste, alors elle se dit que cela fait partie du métier" explique celle-ci. "Elle n'a pas été maltraitée mais elle ne comprend pas pourquoi elle a été arrêtée". La jeune femme encourait une interdiction de territoire de un à cinq ans comme l’explique Ayse, professeur au département Communication de l’université de Galatasaray. C’est dans le cadre de son travail journalistique alors qu’elle prenait des photos que la jeune française avait été interpellée.

Manifestations en Turquie : L'étudiante française prenait des photos pour son article - photo
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"Cela faisait quelques jours qu'elle participait aux manifestations. Elle venait tout juste de commencer son stage au sein de la rédaction du Petit Journal d'Istanbul, et elle devait écrire un article pour le magazine de l'université". "Avec d'autres manifestants, elle a entendu la police remonter vers la place Taksim, depuis le stade de football de Besiktas. C’est là qu'elle a été interpellée". Après être passée devant un tribunal dans l'après-midi du 5 juin, puis par le centre de rétention de Kumkapi, pour les étrangers en situation irrégulière, après un passage à Vatan caddesi, un autre centre de la ville, Lorraine a finalement été relâchée hier. Elle pourra rester jusqu’à l’expiration de son permis de séjour, le 30 Juin. Elle envisage de porter plainte pour des violences policières qui auraient eu lieu la nuit de son arrestation, le 4 Juin. Alors que les manifestations continuent et que la mobilisation reste forte, le premier ministre Reçep Tayyip Erdogan a affirmé à nouveau ce week-end sa détermination à ne pas céder devant ceux qu’il qualifie de "terroristes" et de "vandales". As-tu déjà eu affaire à une police étrangère ?