Manifestations Brésil : Les étudiants au coeur du mouvement

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Si le mouvement qui a débuté il y a deux semaines au Brésil, s’est étendu à l’ensemble de la population, comme souvent, les étudiants en ont été à l’origine. Analyse et témoignages avec meltyCampus.fr.

Le mouvement a débuté avec la protestation de jeunes étudiants de gauche contre l’augmentation des tarifs de bus dans la région de Sao Paulo. Les partis de gauche et d’extrême gauche comme le Parti travailliste, le PSOL, ou le PSTU étaient particulièrement bien représentés parmi ces pionniers du mouvement qui ont donné l’impulsion et créé ce qui s’appellait encore le Mouvimento Passe Livre (MPL). L’élément clé pour comprendre la manière dont le mouvement s’est étendu à d’autres franges de la population est sans doute la répression parfois extrêmement violente dont furent victimes dès les premiers jours les manifestants. Autre point important, les grands médias brésiliens sont traditionnellement présentés comme hostile à la gauche et ont incité par leur présentation des évènements les manifestants à brouiller les cartes et exprimer une frustration plus générale envers le gouvernement Rousseff. D’un mouvement aux objectifs précis et fixés, les manifestations brésiliennes, au grand désarroi de beaucoup d’étudiants sont devenus une sorte de grand élan nationaliste où les médecins conservateurs côtoient es jeunes punks à chien dans un désordre relatif. Toujours est-il que pour beaucoup d’étudiants il s’agit d’une véritable occasion de s’engager et prendre part à la vie politique et à l’évolution de leurs pays.

Manifestations Brésil : Les étudiants au coeur du mouvement - photo
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« Pour la première fois de ma vie, j’avais l’impression de participer à un événement destiné à entrer dans l’histoire. Autour de moi il y a avait des jeunes, des hommes et des femmes d’âge moyens qui venaient directement depuis le travail, et aussi beaucoup de familles et d’étudiants de mon université. J’ai rencontré un vieux monsieur qui avait du mal à marcher, et qui s’est révélé être mon professeur d’histoire » explique au Nouvel Observateur, Caio Sodré Scaramuzzi, 20 ans, étudiant à l’Université São Paulo. Amanda Mendes Fraga, 22 ans, étudiante en sciences sociales à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro, entend bien continuer le combat « Je vais redescendre dans la rue pour les prochaines manifestations, plus passionnée que jamais. Lundi, je me suis senti comme à la maison au milieu de la foule, et davantage connectée au reste du Brésil qu’en restant à la maison avec Internet. Je redescendrai manifester autant de fois qu’il le faudra. ». Que penses-tu de ce mouvement ?