Les politiques doivent-ils s’inviter dans les facs ? L'avis de Louis !

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Cette semaine Marine Le Pen s’invitait à l’IEP d’Aix-en-Provence tandis que NKM se rendait quant à elle à Dauphine. Si la seconde n’a provoqué aucun remous, la présidente du Front National a en revanche fait débat.

Cette semaine je vais donc vous parler des visites de politiques dans les établissements supérieurs. Si la visite de NKM à Dauphine n'a pas fait beaucoup de vagues, une levée de boucliers s’est faite à l’annonce de la venue de la candidate d’extrême droite aux présidentielles 2012. Si celle-ci était prévisible de la part des bien-pensants et autres amateurs de l’ouverture, exclusive au sens premier, celle-ci soulève une question plus large : les politiques ont-ils leur place dans les universités ? On peut se demander en effet si les facultés ne devraient pas être un sanctuaire politiquement neutre, dans un univers où ne serait-ce que prendre le vélo est vu comme un acte politique. Bien sûr, ce serait magnifique. Un enseignement neutre, objectif, dans un territoire sur lequel le politique n’a pas lieu d’être… Laissez moi rêver ne serait-ce qu’un instant ! Car bien entendu cette utopie est tout de suite mise à bas par une constante assez difficile à éliminer sans passer devant le tribunal de la Haye : la nature humaine. Bien qu’il tienne plus de l’animal que du politique, l’homme ne peut s’empêcher, et c’est bien normal, d’avoir une opinion. Dès lors, l’on observera dans nos amphithéâtres le professeur d’Histoire nostalgique du petit père des peuples, ou le professeur d’économie qui voit dans le leader du Front de Gauche un danger public pour la république. Nous les connaissons, nous les avons eus. Si l’on ajoute à cela les kilos de tracts distribués chaque jour par des militants idéologiquement constipés et nous avons des établissement politiquement pollués.

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Il peut donc au contraire être excellent pour la santé intellectuelle de nos cerveaux enfumés de se voir proposés les discours des politiques par les politiques. Chacun pourrait se faire sa propre opinion, et questionner l’intervenant sur son programme, ou celui de son parti. Seulement, que faire du cas de l’extrême droite ? Certains pensent en effet que celle-ci n’a aucune place dans le débat républicain et devrait se voir mise au ban de la société. C’est ce que l’on fait des opposants politiques en dictature. Personnellement, je considère que même Marine le Pen, dont les discours pourtant me font autant d’effet que la vision de la vache Milka en nuisette, a le droit de s’exprimer dans les médias, et devant des auditoires populaires au même titre que n’importe quel autre leader politique. Certes, cela signifie exposer un plus grand nombre de personnes à son discours, et donc augmenter le vivier de voix dont elle dispose. Mais le 3e parti du pays ne peut être muselé sous prétexte que ses idées ne correspondent pas à celle des partis traditionnels. De plus, ceux qui me diront qu’elle développe la haine et les divisions, oublieront sans doute que les discours d’extrême gauche sont tout aussi destructeurs pour le tissu social, et sont pourtant tolérés. Bref, notre république n’est pas bipartisane, dès lors, tous les partis n’appelant pas à la violence sont légitimes à s’adresser aux peuple français, et donc aux étudiants.

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Ceux qui craignent cependant de voir Marine le Pen habilement esquiver les questions qui fâchent ne devraient pour autant pas la laisser s’exprimer sans lui répondre. A Aix-en-Provence, il y avait de l’idée. Une « contre » réunion a permis à différents syndicats de dénoncer le programme du FN. L’idée est originale et pacifique, c’est son mérite. Cependant, j’appelle plutôt les associations de débat organisatrices de ces réunions publiques à prévoir un certain nombre de sièges à des étudiants militants, de tous les bords. Du Güd à Sud, en passant par l’UNEF et le MET, tous doivent être représentés. Leurs militants, bien plus au courant des dossiers qu’un l’étudiant lambda, pourront confronter plus facilement un politicien à ses contradictions, et lui poser les questions qu’un journaliste (français) aurait gentiment mis de coté. On éviterait ainsi les discussions plan-plan, comme à Aix, durant lesquelles l’invité n’a qu’à mettre les pieds sous la table et débiter son discours prémâché. Républicainement Votre, Louis J. Abela

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