Les étudiants en médecine appréhendent la dissection

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Quel courage ont les étudiants en médecine. Mais un tiers d'entre eux ne supportent pas la dissection. On comprend bien pourquoi cette étape est difficile à passer.

Les étudiants en médecine ont beaucoup de mérite. D'abord ils font des études longues et épuisantes. Jeremie nous racontait comment il vivait ses études de médecine, mais il ne s'est pas réellement attardé sur une grande partie de son programme, la dissection. C'est le site 24 heures qui a demandé aux étudiants de leur racontait comment se déroulait la première fois. «On entre dans cette salle et on voit vingt têtes alignées sur une table. Je me suis senti mal, dégoûté. J’avais des maux de tête. On essaie de rester fort en façade parce qu’un futur médecin se doit de supporter l’insoutenable.» Voici le témoignage de Marc Antoine, étudiant en 4ème année. Des propos qui semblent convenir à une bonne partie des étudiants en médecine. Selon un sondage mené par l'association Doctors & Death Lausanne, un tiers des élèves ne se sentent pas à leur aise lors de la dissection.

Alors qu'Apolline, étudiante en médecine à l'UPMC, ne connait pas encore cette pressions, «La dissection est un moment charnière pour les étudiants », explique Lazare Benaroyo, professeur d'éthique de la Faculté de biologie et médecine de l'UNIL. « C’est la première fois qu’ils sont confrontés à une tension entre un travail objectif sur le corps et les émotions qu’il provoque en soi. Il faut parler de ce paradoxe qui fait partie de la profession et n’est pas insurmontable. C’est un travail proprement éthique.» Mais ceci n'évolue pas forcément avec le temps. «On va crescendo dans l’émotion. La tête, c’est un choc. On ne peut pas s’empêcher de voir une personne. Je fais des dissections depuis quarante ans et cela reste dur. D’où la nécessité d’apprendre la légitimité de cette démarche et son utilité.» explique le professeur Jean-Pierre Hornung, responsable de l’enseignement en anatomie. Une chose est sûre, les étudiants ne sont pas au bout de leur surprise.