Les étudiants de Limoges se rebellent !

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Les étudiants de la section Lettres et Sciences Humaines de la faculté de Limoges s'insurgent contre le déplacement des livres de leur filière dans la bibliothèque universitaire. Ils dénoncent un "désherbage" dissimulé…

Qui aurait pensé que le simple fait de déplacer des livres d'une bibliothèque à une autre aurait ou provoquer tant de protestations ? Sûrement pas l'administration de la faculté de Limoges, qui a entamé il y a plusieurs années un transfert progressif des livres spécialisés vers la grande bibliothèque universitaire ! Mais visiblement, l'idée déplait aux étudiants de lettres et sciences humaines, qui crient au "désherbage". Le collectif de défense des bibliothèques, repris par AgoraVox, s'explique : " Le désherbage, en bibliothèque, signifie le redéploiement des collections : autrement dit, nos livres seront placés en magasin, placés sur les étagères de la BU, mais pour beaucoup, ils seront bradés ou jetés à la poubelle." De quoi faire frémir ces passionnés, qui mettent en avant le fait que pour beaucoup, il s'agit de livres rares, essentiels à la préparation des mémoires et thèses. Rien à voir avec les best-sellers comme 50 Shades of Grey, mentionné par meltyCampus. Le collectif met en effet en avant le fait que "les BU ne sont pas extensibles à l'infini" et qu'elles n'ont " ni le temps ni les moyens de conserver, étiqueter et informatiser les milliers d'ouvrages que nous possédons."

Les étudiants de Limoges se rebellent !

Mais le débat prend peu à peu une dimension beaucoup plus large. Car le transfert des livres vers la BU résulte d'une injonction ministérielle de 2011. Pour les étudiants interrogés, il s'agit ni plus ni moins d'une sorte de quantification du savoir : " L'université met un prix sur la culture et le savoir . […] Depuis quelques années, [l'université] dicte sa conduite selon un chiffrage méticuleux. Or, l'éducation ne se chiffre pas. Les investissements dans des bibliothèques ne se chiffrent pas. Ce sont des investissements sur l'avenir, et la valeur intellectuelle, humaine et culturelle n'est pas une valeur que l'on mesure en euros." De quoi répondre aux arguments avancés par la faculté de Limoges. D'un côté comme de l'autre, on remarque une véritable volonté de dialoguer : trouver un compromis ne semble donc pas impossible. Toutefois, le débat est bien plus large : avec la crise et les coupes budgétaire, le savoir universitaire est-il menacé?

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