Les bizutages sont-ils si grave ? L'avis de Louis

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Les bizutages sont au cœur des nouvelles étudiantes en cette rentrée 2012, notamment avec le dérapage lillois. Mon avis sur la question : ne confondons pas tout !

Chaque année, on nous ressert le même refrain. « Les vilains BDE alcooliques mettent en danger la vie de nos chérubins ! Ils obligent de pauvres petits étudiants à boire de l’alcool ! » Oh, misère en effet… Des jeunes qui boivent des bières et agissent bêtement… Ciel, ce doit être la faute de la société de consommation ça ! Je m’étonne d’ailleurs que les jeux-vidéos n’aient pas encore été pris comme boucs émissaires, quitte à couler la seule industrie française qui tient debout, les médias devraient y aller de bon cœur ! Quoiqu’il en soit, si le Général pensait qu’il ne fallait pas sauter sur sa chaise comme un cabri à propos de l’Europe, je pense qu’il en est de même pour les bizutages. Si les dérapages sont entièrement condamnables, comme à Dauphine l’an passé, où Lille récemment, il ne faut pas mettre en cause toutes les soirées et les week-ends d’intégration. Ceux-ci font partie intégrante de la vie étudiante, ce sont des rites de passages obligés, un lien entre les promotions. De plus dans l’immense majorité des cas, les festivités sont vierges de toute humiliation.

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Ainsi, les week-ends d’intégration, comme celui de Paris 1, ont pour principale fonction de faire socialiser les étudiants dans un cadre sécurisé. Car oui, les rencontres passent à notre âge par une bonne cuite. Dès lors, autant éviter qu’un étudiant ne rentre en voiture de la soirée, murgé à la bière. Le fait d’être rassemblés en un même lieu et d’y passer la nuit évite cela. Au delà de la biture, le lendemain sert en général à des activités sportives, histoire de bien digérer la douzaine de shots ingérés la veille. Voilà donc la forme classique, banale, sans fioritures, de l’intégration estudiantine. Mais bien entendu, notre imagination, fraiche et jeune, se doit de pousser les festivités un peu plus loin… C’est bien entendu dans ces cas là que l’on entend certains parler de bizutage. Les associations parleront d’humiliations, de sévices et autres mots librement inspirés des rapports d’Abu Ghraib…

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L’utilisation du même mot pour qualifier les effets d’un groupe électrogène branché à une paire de testicules et le dégoût qu’inspire l’idée d’embrasser un poulpe est évidemment discutable… Mais quand bien même on omet les différences de douleur et d’humiliation, il ne faut pas oublier que lors d’un bizutage, l’on n’est pas consentant. N’importe quelle personne née entre 1953 et 2009 devrait être fichue de savoir en quoi cela consiste. Dès lors une personne précisant qu’elle ne savait pas à quoi elle s’exposait lors d’un bizutage est tout simplement une personne à la fois naïve et troglodyte. Je ne doute pas de la souffrance de ces personnes, mais l’humain est ce qu’il est, sa stupidité est avérée depuis quelques années déjà je pense, et les bizutages ne sont que le prolongement moderne de rituels millénaires, plus que connus et médiatisés. Cessons par ailleurs de nous plaindre pauvres français d’avoir été poussés à boire six bières quand derrière les séries étudiantes Anglo-Saxonnes comme Greek ou Skins, extrêmement appréciées dans nos contrées, montrent une fois par épisode quelqu’un rendre tripes et boyaux.

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Ces humiliations si vous tenez à les appeler ainsi sont nécessaires à la formation d’un véritable groupe. Les membres savent tous ce par quoi l’un des leurs est passé, et le partage de ce secret fait leur unité. Il ne reste plus au bizut qu’à choisir s’il préfère intégrer un groupe qui globalement n’a aucune utilité, ou être couvert de purin. Vous noterez que je n’utilise que des exemples qui paraissent gentillet au regards de certains dérapages ayant eu lieu, c’est tout simplement parce qu’un viol ou une mutilation ne sont pas à mon avis des bizutages. Ce sont un viol, et une mutilation. Ils n’ont rien à voir avec un bizutage. Républicainement votre, Louis J. Abela

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