Le syndrome de l'étudiant en médecine, c'est quoi ?

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Avez-vous déjà entendu parler du syndrome de l'étudiant en médecine ? Il s'agit de la sensation, chez les carabins, de contracter les symptômes des maladies qu'ils étudient. Perturbant.

Si vous êtes étudiant en médecine ou que vous en avez un dans votre entourage, vous connaissez probablement le syndrome de l'étudiant en médecine. Selon Wikipédia, il s'agit de "la condition fréquemment rapportée chez les étudiants en médecine qui s'auto-diagnostiquent, ou diagnostiquent les autres, contractant les symptômes de maladie(s) qu'ils étudient". En d'autres termes, les étudiants en médecine (que nous avions interrogés au sujet de l'euthanasie), à force d'ingurgiter des tonnes et des tonnes de connaissances sur les maladies, sont persuadés de reconnaître chez eux-mêmes certains symptômes, en général graves. Lou, 24 ans, se souvient de sa deuxième année de médecine : "J'étais persuadée d'avoir une tumeur au cerveau" sourit-elle. "Je reconnaissais beaucoup de symptômes, alors qu'en fait, j'étais simplement fatiguée et avais besoin de lunettes".

Le syndrome de l'étudiant en médecine, c'est quoi ?

Ce syndrome est fréquemment rapporté chez les étudiants des premières années de médecine (qu'ils aient contourné ou non le numerus clausus). Il se dissipe le plus souvent au fur et à mesure que l'étudiant progresse dans ses études et acquiert de l'expérience. Kamel est désormais interne, et pour lui, le syndrome de l'étudiant en médecine est déjà un lointain souvenir : "C'est fou parce qu'à l'époque, j'étais persuadé d'avoir tout un tas de maladies alors qu'aujourd'hui ça me paraît absurde et je trouve les étudiants atteints de ce syndrome assez ridicules" nous explique-t-il. Les forums de carabins en sont remplis d'exemples : "Pour moi, c'était surtout en P2/D1. J'ai dû avoir trois méningites bactériennes et quelques pneumothorax..." écrit un étudiant. "Autant il est marrant de voir qu'on se trouve 4 maladies incurables par semaine au début de nos jeunes années (je me suis diagnostiqué un anévrisme cérébral en P2 ou D1), autant il est impressionnant de voir que par la suite on minimise nos symptômes en disant que ce n'est rien du tout alors que si on voyait un patient avec les mêmes choses que nous, nous serions inquiets pour lui..." écrit un autre.

Des médecins invincibles

Car au final, les étudiants en médecine ont tendance à basculer d'un extrême à l'autre. Si l'auto-diagnostic systématique et la panique sont les deux symptômes fréquents du syndrome du carabin, la tendance à se croire invincible est l'autre versant dans lequel plongent facilement les médecins diplômés. "En général, je suis particulièrement optimiste quant à mon propre état de santé, et je pensais que c'était le cas de la plupart des médecins" confiait le Dr Randi Epstein à Slate. Les médecins sont donc sans doute la catégorie de population la moins sujette à l'hypocondrie !