La VDM professionnelle des étudiants stagiaires !

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La vie de l'étudiant stagiaire n'est pas franchement un long fleuve tranquille. Leur statut s'est-il amélioré depuis la loi de 2014 sur leur encadrement ? Tour d'horizon.

Le stage de fin d'étude, c'est un peu le Mordor de ton passage à la fac. C'est dangereux, personne ne veut y mettre le pied, mais il va bien falloir y passer pour détruire l'anneau... enfin ! Pour valider ton année et probablement ton diplôme. Entre le stage photocopies/café et le travail dissimulé, le stage fiche carrément la trouille. Les étudiants peuvent quand même se tourner vers Riminder pour trouver le poste de leurs rêves. La loi du 10 juillet 2014 était sensée mettre un peu d'ordre dans ce Far West de l'emploi. "J’encadrerai les stages pour empêcher les abus" avait assuré François Hollande. C'était sa promesse de campagne numéro 39 pendant la présidentielle de 2012. Elle s'est traduite par une nouvelle loi, dont le dernier décret a été promulgué le 26 octobre 2015 selon le Monde Campus. Selon ce texte, les stagiaires ne peuvent représenter plus de 15% des effectifs de l'entreprise. Le stage ne peut excéder 6 mois. Le stagiaire doit avoir un tuteur dans l'entreprise, et un référent pédagogique dans son établissement. Le stage doit entrer dans le cadre de la formation de l'étudiant.

La gratification minimale légale est fixée à 554 euros, soit un peu plus d'un tiers de SMIC. Pour plus d'infos, relisez cette étude sur la rémunération des stagiaires. Les tickets restaurant et indemnités transports sont devenues obligatoires. Enfin, la convention de stage doit se doubler d'une formation diplômante d’au moins 200 heures de cours. Tout cela devrait fonctionner à peu près... si tout le monde joue le jeu. Certaines facs se montrent si pointilleuses que certains étudiants se retrouvent sur le carreau. "Cette loi m’a fait perdre une chance d’obtenir un contrat de travail" explique Alexandre Murer, étudiant en ingénierie urbaine de l’Université de Technologie de Compiègne (Oise). #VDMAuBureau pour lui. Une entreprise était prête à le prendre en stage, antichambre d'un CDD. La fac a refusé, car ce stage était "hors cursus". Beaucoup d'étudiants vivent pourtant leur stage comme une période d'essai. C'était le cas de Marie (23 ans), étudiante en communication en région parisienne. "J'étais prête à tout pour ne pas me retrouver au chômage. Après mon diplôme, j'ai enchaîné deux stages de six mois. Le deuxième a été le bon, maintenant j'ai un job. Entre temps, j'ai dû payer une réinscription bidon à l'école pour avoir la convention nécessaire" dit-elle. Un usage abusif que la loi devrait faire disparaître... normalement. Avez-vous connu cette situation ?

Source : Le Monde Campus