La Silicon Valley boude l'université

Ecrit par

De plus en plus de voix s’élèvent pour remettre en cause le modèle universitaire traditionnel. A l’heure du 2.0, les cursus classiques proposés par les facs seraient en décalage avec le monde de l’emploi. meltyCampus vous en dit plus.

«Utiles pour les jeunes gens ordinaires, les études universitaires s'avèrent inutiles pour les plus brillants ». La sentence est sévère. Elle émane de Peter Thiel, fondateur du système de paiement en ligne Paypal. Dans Le Monde du 19 Juin, le brillant homme d’affaires expliquait son point de vue sur les études universitaires et celui-ci est limpide : elles seraient selon lui inutiles et coûteuses. En France, l'ex-directeur de la communication de Sciences Po, Peter Gumbel ne dit pas autre chose. Dans son récent ouvrage « Elite Academy. Enquête sur la France malade de ses grandes écoles », il dénonçait un système portant à la reproduction stérile d’une élite formatée et dénuée d’audace entrepreneuriale. Alors que le coût des études en France et en Europe ne cesse de grimper dans un système toujours plus inégalitaire, il est de bon ton de rappeler qu’une bonne partie des effectifs de la Sylicon Valley n’a jamais mis les pieds dans une fac ou en est sorti bien avant l’obtention d’un diplôme. C’est le cas pour 14% des employés du géant Google. François Delapierre du parti de gauche a récemment pointé du doigt les dangers de ce système verrouillé. Il a rappelé que les sommes considérables en jeu risquent bien de fausser la donne. Une université n‘hésitera-t-elle pas à refuser son diplôme à quelqu’un qui l’a si cher payé ? Inversement, certains étudiants peuvent être tentés par la fraude à l’idée de redoubler une année pour laquelle ils ont vidés leur épargne.

La Silicon Valley boude l'université - photo
La Silicon Valley boude l'université - photo
La Silicon Valley boude l'université - photo

Mais au-delà de la critique, quelles solutions sont proposées ? En France, Xavier Niel, fondateur de Free a récemment lancé 42, une école gratuite destinée à former des informaticiens brillants qui seront les Gates, et les Zuckerberg français de demain. Aux Etats-Unis, Peter Thiel propose de fournir des bourses de 100 000 dollars versés sur deux ans à des jeunes prometteurs et afin qu’ils créent leur entreprise. Mais celle-ci leur est versée à une condition : qu’ils arrêtent leurs études. Crois-tu en l'importance des grandes universités ?