L'expo universelle organisée par des étudiants ?

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L'équipe française bataille dur pour que la France soit sélectionnée comme pays d'accueil pour la prochaine exposition universelle, en 2025. MeltyCampus a voulu savoir ce que pensaient les membres étudiants.

Le 25 septembre 2025, l'association Expo France, qui monte le dossier de candidature de la France pour l'exposition universelle 2025, a tenu une conférence pour dévoiler leurs projets. Sous la présidence de Jean-Christophe Fromantin, cinq salariés et 400 étudiants, sans compter les fondateurs, travaillent pour que la Commission de l'exposition retienne la candidature française. Six grandes écoles françaises ont envoyé leurs étudiants développer le projet aux côtés d'Expo France : CELSA, Sciences Po, l'ENS Arts et Métiers, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, ESCP Europe, et ENS Architecture Paris la Villette. Chaque école se consacre à un des six pôles de réflexion nécessaires à l'organisation de l'expo : stratégie générale et communication; modèle économique, budget et financement; accueil et hébergement; territoires de l'exposition et urbanisme; mobilités; patrimoines et pavillons. Un bien vaste et bien long programme. On peut donc se demander comment les 400 étudiants membres gèrent la pression et l'importance de leur tâche. Certes, les facs pleines de jeunes qui passent leurs journées à boire, à coucher entre eux et à tricher aux partiels, ça fait partie des mythes étudiants que l'on entend tout le temps (on vous avait listés les dix plus entendus). Mais des étudiants qui travaillent autant d'arrache-pied à un projet, ça reste assez rare !

"On est très contents de participer à quelque chose d'aussi énorme", assure pourtant Yohan, de l'ENS Arts et Métiers. "C'est très stimulant", ajoute une de ses camarades; "en plus, ça va vraiment booster notre carrière plus tard", conclut-elle avec un beau sourire. Tous les étudiants d'Expo France interrogés par Melty ont l'air ravi et enthousiaste. Ils ont d'abord travaillé au sein de leurs écoles à l'élaboration d'un projet concernant l'un des six pôles. Le 23 janvier dernier, chaque groupe avait 45mn pour convaincre l'association de la pertinence de leurs idées. "Un moment stressant", glisse un étudiant de CELSA. Pourtant, tout a marché comme sur des roulettes : Expo France a été enchantée, et les 400 étudiants aussitôt embarqués dans l'aventure. "Ce n'est pas comme si on était sur le pied de guerre jusqu'en 2025", expliquent-ils, "là ce serait un peu compliqué; le dossier de candidature est à rendre en 2016". Deux ans, quand même ! "Il faut voir ça comme un gros projet de fin d'études ! C'est aussi une super opportunité", assurent-ils. C'est vrai que ça a l'air plus sympa que certains métiers dont on vous parle régulièrement (quoique Simon, testeur de nourriture pour animaux, soit très content de son sort).

En effet, quand on regarde la liste des sponsors de l'événement, on se dit qu'aucun n'aura du mal à trouver un premier emploi une fois leur diplôme en poche : des institutions (Medef, Cité de l'architecture…), des territoires (Île-de-France, Hauts-de-Seine…), des grandes entreprises (Bouygues, Suez, LVMH…), que du beau monde ! Les étudiants ont plein de projets, ça fuse de partout : "un des plus gros événements internationaux, aussi énorme que la Coupe du Monde ou les JO, c'est dingue d'y participer ! On pense à Paris, évidemment, et à Marseille, la plus belle ville du monde ! "; "le but c'est de présenter des nouvelles technologies incroyables, par exemple un bracelet capable d'enregistrer plein de paramètres médicaux. Je pourrai y mettre mon groupe sanguin". On parle beaucoup d'avancées médicales, comme les prothèses mobiles toujours plus performantes. On vous parlait d'ailleurs il y a quelques temps de Nicolas, qui avait réussi à s'en fabriquer une avec une imprimante 3D et quelques copains. Bref, les étudiants sont très enthousiastes et la masse de travail n'a pas l'air de trop les déranger. Et puis, deux ans de boulot, ça vaut bien une pareille pépite sur son CV.