Journal d'une hôtesse de caisse étudiante : Quand tu redeviens cliente

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Une fois étudiante, tu te dis qu'il serait bien de gagner un peu d'argent pour enfin quitter le foyer familial et être indépendante ! Mais tu ne trouves pas tout de suite le métier de tes rêves. Moi, je suis hôtesse de caisse (oui, caissière) et c'est toute une aventure !

#14 : Quand tu redeviens une cliente

Tout le monde a déjà été confronté à une déformation professionnelle. Quand tu es médecin, c’est plutôt pratique : "je crois tu es en train de couver une angine" (attention, meltyCampus vous disait que les étudiants en médecine n’y connaissaient rien en médicaments). Quand tu es avocat, c’est plutôt relou "vous savez que c’est interdit par la loi de téléphoner en conduisant ?". Quand tu es caissière, c’est plutôt bizarre. Tu arrives à te la péter parce que tu connais un numéro de code barre par cœur et tu compares tout ce qui t’entoure. Je tiens à le dire, faire les courses avec moi est un véritable enfer. Dès que j’entre dans un magasin, je ne peux pas m’empêcher de comparer les installations et les caissières. Ils ont des douchettes et pas moi, ils ont un placement spécifique pour les barres de séparation et pas moi, les caissières sont installées dos à dos et peuvent parler et pas moi ! Pourquoi ? Tout est un prétexte pour critiquer et voir que le magasin est mieux que le mien (sûrement une simple impression). Ce que j’adore faire en priorité (et je ne m’empêche pas de le faire tous les jours) est de critiquer les caissières. Promis, je ne suis pas méchante mais j’essaye juste de me dire que je suis meilleure qu’elles. Des exemples ? Je compare leurs attitudes, leurs salutations ou encore leur rapidité. Pour me faire pardonner, j’essaye d’être la plus gentille cliente du monde en étant polie, aimable et agréable.

Journal d'une hôtesse de caisse étudiante : Quand tu redeviens cliente

Un jour où je faisais les courses avec ma sœur, j’ai vraiment compris qu’être caissière était devenue pour moi une véritable maladie. Elle commençait même à avoir honte d’être à mes côtés mais une fois arrivées à la caisse, heureusement que j’étais là pour mettre à contribution mes talents de caissière. Ma mère nous avait donné un chèque pré-signé pour payer les courses. Le seul problème c’est qu’elle avait oublié de nous laisser sa carte d’identité. Comme on est des rebelles, on fait genre de rien et ma sœur montre sa carte d’identité tandis la caissière passe le chèque dans une machine qui les remplit directement. Là, elle se retourne et nous dit, "je ne peux pas accepter votre chèque, vous n’avez pas la carte d’identité de votre mère". Euh… mais tu viens d’encaisser mon chèque non ? Où je travaille, une fois que tu as passé le chèque et que la machine l’a imprimée, c’est comme si tu l’avais encaissé et pour l’annuler, il faut appeler les superviseurs pour qu’ils fassent une manipulation spécifique. Je décide de sortir ma science pour être sûre qu’elle ne se trompe pas et là, elle me regarde d’un air blasé en me disant "à partir du moment où le ticket n’est pas sorti, vous n’avez pas payé". Remarque juste mais c’était suspect. On a donc décidé de lui faire confiance et on est reparti sans jamais avoir de souci. Ça a été la seule fois où j’ai été fière d’être caissière et j’espère bien avoir ce genre d’émotion après l’obtention de mon diplôme.

Je me plains souvent des clients (j’ai d’ailleurs déjà expliqué à quoi ressemblaient les clients dans le Journal d’une hôtesse de caisse). En tant que caissière, on se dit que ces derniers sont chiants et n’ont aucune patience. Le problème, c’est quand on redevient cliente, on oublie très vite les soucis que subissent les caissières. Je me plains donc allègrement à chaque fois que je choisis LA caisse qui est bloquée ou qu’un client juste devant moi a oublié quelque chose ou discute tranquillement avec la caissière. Chacun doit jouer son rôle, non ?