Journal d'une hôtesse de caisse étudiante : Noël, mon pire cauchemar

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Une fois étudiante, tu te dis qu'il serait bien de gagner un peu d'argent pour enfin quitter le foyer familial et être indépendante ! Mais tu ne trouves pas tout de suite le métier de tes rêves. Moi, je suis hôtesse de caisse (oui, caissière) et c'est toute une aventure !

# 21 : Noël, mon pire cauchemar

Vous allez sûrement me demander pourquoi je parle de noël alors que le père noël ne viendra pas me donner des cadeaux avant quelques mois. C'est très simple, c'est à cause de ce temps qui me rend folle, hier j'avais l'impression d'être en automne et aujourd’hui c’est la canicule. Pour affronter cette chaleur, la meilleure idée est de penser aux bûches de noël et au froid. Pourquoi attendre l'hiver pour parler de la période de l'année que je préfère le plus ? Si on laisse de côté la nourriture et les cadeaux, j'adore me promener dans les rues comme dans les magasins et voir toutes les décorations sorties. Guirlandes, boules, sapins et même le père noël a décidé de quitter sa maison. A l'heure où je me prépare à vous annoncer une horrible nouvelle (je préfère laisser le suspens s'installer encore quelques jours), je repense souvent aux moments nostalgiques et horribles que j'ai passés en tant que caissière comme pour les pires choses que j'ai vu dans le Journal d'une hôtesse de caisse. Alors que je trouve que noël accentue l'esprit de famille et qu'il s'agit du meilleur moment pour dire à tout le monde que tu les aimes, cette période a aussi son côté sombre. Etre caissière à noël est la pire chose qui puisse vous arriver mais être caissière et étudiante est d'autant plus atroce.

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Je redoute ce moment toute l'année et dès le premier jour de décembre et pour les cinq semaines qui suivent, ma vie devient un enfer. Promis je n'exagère pas et une fois les fêtes passées, je me rends souvent compte que j'ai perdu entre quatre et cinq kilos (ceux que j'ai pris pendant les grandes vacances pendant que ma grand-mère essayait de m'engraisser comme un poulet). "Pourquoi se plaint-elle, celle-là de perdre des kilos en claquant des doigts ?" Merci, mais je n'ai pas envie de faire le yoyo avec mon poids. Bref, décembre quand tu es étudiant, c'est le moment où tu passes plein de contrôles continus et où tous tes profs te demandent de leur rendre des disserts pour qu'ils puissent les corriger pendant les vacances (théoriquement). Donc les cours + être caissière + travailler le dimanche (mon magasin ouvre exceptionnellement tous les dimanches en hiver) = fatigue au bord du malaise. Bon, je ne suis pas la seule à être dans ce cas et même les salariés souffrent. On est tellement fatigué que la seule manière pour notre corps de le montrer est d'être malade. C'est super de passer les courses des clients alors que tu as le nez qui coule non-stop. Vive l’hygiène ! Mes superviseurs sont plutôt sympas et lors de ma première année (celle qui a été la pire de ma vie), elles nous ont annoncées : "il faudra être deux fois plus vigilants et bien regarder dans chaque caddie et sacs (souvenez-vous des techniques de vols dans le Journal d'une hôtesse de caisse). Vous ne ferez que trois dimanches sur les cinq". Je dois tellement bien travailler (ou c’est seulement parce que je suis étudiante) que je n’ai pas fait deux, ni trois, ni quatre dimanches, mais bien les cinq !

Comme c'est les fêtes de noël, tout le monde fait ses courses à la dernière minute. On pourrait croire que l’objectif est d’acheter les jouets ou autres cadeaux mais pas du tout. Ils sont là pour la nourriture (après nos parents disent qu’ils n’ont pas assez d’argent pour nos cadeaux). En voyant leurs caddies remplis à ras bord, je me demande souvent si la fin du monde n'est pas proche. La fin d’année doit faire peur. Alors que je me plains souvent de passer du poisson en temps normal, à noël les crevettes sont à la fête ainsi que les huîtres. Imaginez un peu l'état de mon tapis que je suis obligée de nettoyer toutes les cinq minutes. Le pire, ce sont les boîtes d'huîtres qui puent. Sérieusement, je ne vois pas d'où vient cette odeur mais à chaque fois que je sentais mes doigts, j'avais envie de vomir. Imaginez un peu la réaction des clients si je vomis en caisse ; au moins ça pourrait être drôle. Pour forcer les clients à venir les dimanches (pour éviter de faire travailler les caissières pour rien), mon supermarché met en place un système de bons d'achat seulement utilisables le dimanche. Forcément, tous les clients viennent exprès pour utiliser ce fameux bon (ce qui est normal) mais alors que le samedi il y a énormément de monde, ce n’est rien à côté des dimanches. Ces jours-ci, toutes les caisses sont ouvertes et les queues vont jusqu'à l'intérieur des rayons. L'horreur pour les caissières qui ont l'impression qu'elles n'auront jamais leur pause. A ce moment, nos superviseurs nous envoient un gentil message : "arrêtez de nous appeler pour les pauses, il y a trop de monde, on n'a pas le temps de les faire !". Super, ça fait cinq heures que je suis à ma caisse, je fais comment au juste pour faire pipi ? Je ne veux pas qu'on m'oublie comme cet étudiant qui a été oublié pendant cinq jours dans une cellule. Bref, la joie des fêtes de noël quand tu es caissière…