Journal d'une hôtesse de caisse étudiante : Les salariés VS les étudiants

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Une fois étudiante, tu te dis qu'il serait bien de gagner un peu d'argent pour enfin quitter le foyer familial et être indépendante ! Mais tu ne trouves pas tout de suite le métier de tes rêves. Moi, je suis hôtesse de caisse (oui, caissière) et c'est toute une aventure !

#18 : Les salariés VS les étudiants

Lorsque tu as un job étudiant, tu vas sûrement rencontrer les mêmes personnes c’est-à-dire : d’autres étudiants et les salariés qui bossent toute la semaine non-stop depuis des années. Etre caissier est leur métier à temps plein et je me demande souvent comment ils font. La cohabitation est très cordiale et amicale mais en tant qu’étudiant, il y a certaines choses que tu dois éviter de dire comme : "être caissier, c’est le pire métier au monde". On l’entend tellement souvent dans les médias que les étudiants n’ont pas intérêt à en rajouter une couche. Il faut l’avouer, de véritables liens se créés entre les étudiants et les salariés et c’est grâce à cette relation que les ragots de la semaine circulent très vite. Vous allez me demander comment ça se fait qu’on en connaisse alors qu’on ne vient travailler qu’une ou deux fois par semaine et pas plus de 15h. La réponse est simple, le mot "étudiant" pourrait être remplacé par celui de "fouine". Nous connaissons les petits secrets de chacun et plus nous en apprenons, plus nous sommes heureux et en voulons davantage. Pas de reproche s’il vous plaît, il faut bien trouver un moyen pour rendre nos journées passionnantes et nous donner envie de revenir. Des fois, j’ai l’impression de vivre dans "Les feux de l’amour" ou d’être dans "Secret Story" et la pause déjeunée est le moment idéal pour faire une mise au point et recueillir toutes les infos. Vous êtes sûr qu’à ce moment, toutes les rumeurs fusent : untel couche avec bidul mais il n’y a rien de sérieux, ce salarié accuse une étudiante d’être pistonnée,…

Il faut l’avouer, les étudiants font des tâches beaucoup plus variées et je vous en ai décrites certaines dans le Journal d’une hôtesse de caisse avec "Ce que cache mon métier". C’est souvent à nous que les superviseurs demandent de vider les poubelles, faire la mise en rayons ou autres tâches amusantes mais contraignantes tandis que les salariés restent en caisse. C’est avantageux pour eux parce qu’ils sont tranquilles à leur caisse mais le problème est qu’ils n’en bougent pas de la journée. Quand ça m’arrive, je suis au bord de la crise de nerfs. Non pas que les clients soient chiants (il faut l’avouer, je ne tombe pas souvent sur des relous) mais c’est juste soporifique de faire sans arrêt la même chose pendant 10h ! A force, je peux être énervée pour la moindre raison mais attention tout en politesse. Je pense qu’on doit être jalousé par les autres salariés qui voient leur travail être piqué par les étudiants. Mais bon c’est la vie et je compte bien continuer. Arès tout, le magasin n’est pas du tout le même la semaine comme le samedi.

On a beau être super proche, les salariés ne comprennent pas que les étudiants soient fatigués lorsqu’ils viennent bosser. Dès qu’on arrive, on n’a même pas commencé la journée que ça nous saoule déjà d’être ici, au lieu d’être chez nous à ne rien faire. C’est ce qui énerve le plus les salariés qui nous rétorquent à chaque fois "je ne vois pas pourquoi vous vous plaignez, vous travaillez qu’une seule journée, nous, c’est toute la semaine". Peut-être mais nous n’avons pas la même vie ni le même quotidien. Je suis bien d’accord mais quand une caissière permanente rentre chez elle, elle n’a plus rien à faire. Je comprends qu’elle doit s’occuper de sa maison, faire à manger et bien d’autres choses mais une fois cela passé, elle se pose sur le canapé pour dormir devant la télé. Un étudiant quant à lui, va à la fac toute la semaine, puis le week-end bosse au supermarché. Une fois rentrée chez lui (après avoir affronté la grève de la SNCF qui a mis en place un dispositif spécial étudiant), il doit s’occuper de son chez soi (même s’il vit chez ses parents sinon il risque d’entendre la fameuse phrase "tu n’es pas à l’hôtel ici") et doit réviser ses cours (ce qui prend du temps). Donc peut-être qu’on travaille moins que les salariés mais une fois chez nous, on doit recommencer à bosser sans arrêt. Autrement dit, je n’ai que le dimanche pour me reposer (et encore) et je n’attends qu’une chose : les vacances.