Journal d'une hôtesse de caisse étudiante : Ça me manque (et ça craint) [Bonus]

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Une fois étudiante, tu te dis qu'il serait bien de gagner un peu d'argent pour enfin quitter le foyer familial et être indépendante ! Mais tu ne trouves pas tout de suite le métier de tes rêves. Moi, je suis hôtesse de caisse (oui, caissière) et c'est toute une aventure !

[Bonus] : Ça me manque (et ça craint) !

Je sais très bien ce que vous allez me dire : je vous ai laissé il y a plus de trois mois avec des adieux émouvants et touchants, et tout d'un coup je reviens comme si de rien était ! Pas de panique, je n'ai pas flanché, ni même cédé à la tentation de l'argent. Bah oui, même si je détestais être caissière, j'étais bien contente quand je voyais ma fiche de paie. J'avais l'impression d'être riche et de pouvoir m'acheter tout ce que je voulais. En réalité, c'était surtout mon compte en banque qui était bien content car depuis que je suis étudiante je n'arrête pas une seconde d'acheter plein de livres pour mon mémoire et mes cours, me payer des cartes de lecteurs pour entrer dans les bibliothèques parisiennes,... Non, je déconne (vous m'avez cru ?) En réalité (comme n'importe quel étudiant), je dépense tout mon argent à sortir en boîte et à faire la tournée des bars avec des potes. Donc décider de démissionner définitivement n'est pas une chose à prendre à la légère, surtout que je n'avais pas grand chose à côté pour compenser. Je vous ai peut-être raconté comment je m'y suis prise pour démissionner dans mon dernier article d'une Journal de caisse, mais vous ne savez pas ce qui s'est passé après et meltyCampus compte bien y remédier. Alors que j'attendais mon départ avec impatience, les choses ne se sont pas passées comme je l'avais prévu et imaginé. La fin de mon statut d'hôtesse de caisse s'est fini à l'image de l'entreprise et de l'intérêt qu'elle porte pour ses salariés : comme un gros foutage de gueules.

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Souvenez-vous, j'avais décidé de faire mon mois de préavis (autant faire les choses comme il faut jusqu'au bout). Ma pote finissait son contrat une semaine avant moi et je m'amusais à me moquer d'elle. Elle n'arrêtait pas de dire "oh, ça va me manquer !", "Il faut que je dise au revoir à tout le monde avant de partir",... Pour son départ, elle avait fait les choses en grand et acheté des petits gâteaux pour ses collègues. Autrement dit, j'avais la pression et mes potes (oui, j'ai quand même réussi à m'en faire) m'ont bien fait comprendre que je ne devais pas partir comme une sauvage. Personnellement, je ne comprenais pas ses moments de tristesse et de nostalgie et je n'avais qu'une envie, partir et au plus vite. Je comptais les derniers samedis à travailler avec impatience. C'est à ce moment-là que les choses ont changé. Peu à peu, tout le monde était au courant que je partais et bizarrement, ils étaient tristes. Ce n'était pas une tristesse de courtoisie mais bien un sentiment de manque. Eh oui, pendant, plus deux ans, j'ai réussi enfin à faire une place dans l'entreprise. Même si mon patron ne savait pas comment je m'appelais et que les étudiantes qui voulaient travailler le week-end n'attendaient plus que je parte pour prendre ma place, on me montrait que j'allais leur manquer. J'avoue, ça m'a fait un petit coup au cœur. Le pire a été le moment où j'ai dit à la fin de mon dernier jour : "pour la caisse 58, c'est mon dernier jour". Alors que je n'avais jamais vu cette dame et qu'on ne se parlait que par interphone interposé, que cinq minutes pour lui demander qu'elle m’envoie ma caisse, elle m'a fait comprendre qu'elle était triste que je parte. En tout cas, je l'ai ressenti comme ça, et elle m'a même demandé ce que j'allais faire plus tard...

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J'avais fait les choses comme prévu : j'avais envoyé ma lettre de démission (petit rappel avec le Journal d'une hôtesse de caisse), prévenu que je faisais mon mois de préavis et précisé la date exacte à laquelle mon contrat se terminait. Pour ne pas avoir de problèmes (on n'est jamais trop prudent), j'avais même pris en compte le délai de la poste pour envoyer ma lettre recommandée. J'ai fini mon préavis, une semaine passe, puis deux et je n'étais toujours pas allée chercher mon solde de ton compte. Je me décide à y aller (enfin) et là, les responsables du personnel me regardent bizarrement du genre "pourquoi vous demandez votre solde de tout compte ? Vous avez démissionné ?" Eh oui, ils ont un bon sens de l'humour dans cette entreprise mais le problème est qu'ils étaient sérieux. Mon dossier était apparemment en cours de traitement et il ne serait pas prêt avant au moins une semaine (ils m'ont donné ce délai pour ne pas que je n'énerve). D'ailleurs, j'avais des raisons d'être en colère car ma pote avait déjà récupéré son solde tout compte. Blasé d'avoir fait le déplacement pour rien je rentre chez moi en attendant leur appel. Une semaine plus tard, je reçois ce fameux appel et on me demande de bien rapporter mes affaires, de laver les tenues et de les repasser. Pendant plus de deux ans, j'ai dû laver moi-même mes hauts sans avoir de compensation financière alors, ils peuvent se le mettre où je pense pour leur repassage. Je sais, je suis une vraie rebelle...

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Bref, je vais chercher mon solde de tout compte et quand j'entre dans le magasin, j'ai tout d'un coup un pincement au cœur avec l'envie de pleurer. Est-ce parce que c'est enfin fini et que je ne reviendrais plus jamais travailler ? Ou suis-je nostalgique de ces deux années passées en caisse ? Je ne pourrais pas le dire, mais sur le coup, je me suis sentie bien bête. Bref, je rends mes affaires, signe tous les papiers tandis que la responsable m'interroge sur mes projets. A ce moment-là, je n'avais qu'une envie : qu'elle se taise car ma vie ne l'intéressait absolument pas, donc elle n'avait pas besoin de faire la conversation pour rien. Je sors du magasin, dénudée de mes badges et des hauts qui puaient, même si on les lavait, fière et la tête levée. Enfin, j'avais quand même les larmes aux yeux, mais personne n'était censé être au courant. Je ne peux pas dire que ce job étudiant me manque mais ça m'a quand même permis de devenir une vraie étudiante et je ne risque pas de l'oublier. Des fois, je me demande ce qui se serait passé si j'avais continué à bosser et je suis sûr que j'aurais eu envie de démissionner au bout d'une semaine. Arrivant à la fin de mes études, mon quotidien à radicalement changé et si je passais encore mes week-end chez mes parents, j'aurais sûrement vu une différence. L'une de mes responsables m'a recontacté pour savoir si je voulais travailler pour noël. J'ai hésité car c'est la période où l'on travaille les dimanches (donc payé double) mais c'est aussi la période où on a trop de monde. Je n'ai pas besoin de vous le rappeler car j'en avais déjà parlé dans l'épisode Noël du Journal d'une hôtesse de caisse. J'avoue avoir hésité mais j'ai démissionné exprès pour ne pas avoir à subir les fêtes de noël, donc je n'ai pas perdu tous mes avantages pour revenir. Elle est fini l'époque où je devais sacrifier mes fêtes de noël pour bosser. Maintenant, je veux faire quelque chose qui me plaît et je ne changerais pas d'avis !