J'ai testé pour vous être musicienne professionnelle #2

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Entre répétitions et stress, la vie d’un musicien professionnel n’est pas de tout repos. Heureusement que je suis là pour tout vous raconter.

meltyCampus a de nombreux talents cachés et quand la rédac’ n’est pas sur une piste de danse en train de bouger ses fesses, elle veut être musicienne professionnelle. Je vous avais laissé la semaine dernière avec l’annonce de ma participation à un concert avec l’orchestre symphonique Divertimento et la première répétition. Je reviens cette fois-ci pour la suite de l’aventure et après cet épisode, il ne me restait plus qu’une semaine pour connaître parfaitement mes partitions et pour être au top comme une vraie professionnelle. J’avais assez la pression, enfin, je ne voulais juste pas être la seule de tout l’orchestre à oublier un silence ou de refaire une reprise. Bref, je m’étais dit : “à partir de maintenant, je révise tous les jours mon violon”. Ça, c’était sans compter mon mémoire qui me disait “coucou, je suis là ! Tu sais que tu es censé me rendre dans deux semaines ?” Le choix était drastique : 1- se taper la honte en plein concert ou 2- valider mon année. Je cois que la décision a été vite prise : je bosse mon mémoire. En réalité, entre les répétitions et les cours, je n’arrivais pas vraiment à finir mon fameux dossier, mais bon, je suis Wonder woman, je peux tout faire (ou pas).

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Le jour du concert arrivait à grands pas avec sa dernière répétition, tandis que la pression était toujours là (je n’étais pas non plus au bord de la crise de nerfs). Heureusement, sinon j’aurais pu être viré de ma fac à cause de mon humeur dépressive. Une fois sur scène, on réalise vraiment ce qui va se passer dans les heures à venir, on devait être en tout une centaine, à tel point que la scène ne suffisait pas pour caser tous les musiciens. Eh oui, ça ne rigole plus ! Tous les professionnels étaient présents et le point positif était qu’on était mélangé. J’avais surtout peur de me retrouver tout au fond parce je ne jouais que deux morceaux. Bon, il n’y avait personne derrière moi, mais j’étais à une place stratégique où tout le monde pouvait me voir. Parfait ! La répétition pouvait commencer et l’ambiance était plutôt cool grâce aux musiciens qui rigolaient et détendaient l’atmosphère. Je découvre très vite que les autres musiciens amateurs ont leurs partitions depuis le début de l’année alors que je n’étais au courant de ce projet que depuis trois semaines…

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“Quoi ? Vous ne jouez pas tous les morceaux ? C’est de l’arnaque ! Je suis sûr que vous pouvez jouer le dernier, il est facile et on le joue super lentement”. Voilà comment je me suis retrouvée avec ma collègue de pupitre à jouer pour la première fois un morceau que je ne connaissais pas en plein concert. Je pourrais vous dire que j’ai assuré ce morceau, mais ce n’était pas le cas. Oui, il était facile à déchiffrer, mais la fin était plus compliquée et il était difficile de savoir quelles parties je devais jouer ou pas. Après plusieurs années d’orchestre, j’ai développé une vraie qualité : l’art du playback, ou autrement dit, comment faire croire à tout le monde que tu joues alors que tu es complètement perdue. La seule chose que je retiens est que le concert était génial, enfin, seulement quand on jouait car la première partie du concert où il n’y avait que les professionnels était trop longue. J’adore la musique classique, mais devoir rester assise pendant une demi-heure et faire semblant d'écouter, c’est un peu chiant. On est bien loin de l’ambiance déjantée du concert de Yelle. Notre patience a payé car nous avons eu le droit à des cadeaux : un jeu de cartes, un stylo et deux entrées gratuites pour le Louvres. J’avais l’impression d’avoir gagné un tournoi d’un collège. Euh… savent-ils que l’entrée des musées est gratuite pour les moins de 25 ans ? A priori, non.