J'ai testé pour vous : Être en couple... à distance (verdict : Plus jamais !)

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Vous connaissez la chanson : on rencontre un bel étranger venu en France pour faire ses études, et puis un jour il repart chez lui, et en toute naïveté on se dit qu'on va "rester ensemble" et "se revoir". Haha. Dans mon cas, c'était pire qu'une vaste blague !

Le problème des étrangers sexy qui viennent voir si l'herbe est plus verte ailleurs, c'est que c'est souvent trois p'tits tours et puis s'en vont. Ils restent un semestre, un an et puis tchao baby ! Le problème que moi j'avais quand, naïve jeune fille de 18 ans, j'arpentais les couloirs de la fac en reluquant du fessier masculin, c'est que, ben, j'étais une naïve jeune fille de 18 ans. Hm ? Reluquer des fessiers, oui, et ? Les filles font aussi ça, vous savez, la seule différence d'avec les garçons, c'est qu'on est discrètes. Bref, j'étais en lettres à la fac et dans certains cours, il y avait ce beau jeune homme blond à l'arrière-train prometteur. J'ai décidé de lui faire des sourires engageants (pour un aperçu de mon sourire engageant de l'époque, voire le gif ci-dessous), et j'ai fini par aller lui parler. Il s'appelait Niklas, il doit d'ailleurs toujours s'appeler comme ça. Il était cool mais en Suède ils savent battre le chaud et le froid.

Je n'ai compris ça que plus tard, mais le mot à connaître pour comprendre les suédois, et Niklas en particulier, c'est lagom. Il n'y a pas d'équivalent en français, mais en gros, il s'agit d'être toujours mesuré, discret et d'éviter le conflit. Inutile d'attendre de lui qu'il vienne me draguer, il fallait passer en force (c'est une image !), et on a fini par s'embrasser pendant une soirée bien arrosée d'un week-end de novembre, le pire mois de l'année habituellement mais pas là. Autre chose à savoir sur les suédois : ce qui se passe en soirée reste en soirée. Ils n'en parlent pas. Je vous laisse imaginer sa tête quand tous nos potes sont venus lui taper dans le dos, "t'as pu aller voir dans sa culotte ?", "bien joué mec", "hey regarde c'est toi là sur la pire photo de soirée du mois". J'étais vexée : c'était "bien joué meuf" qu'il fallait dire. Bref, c'était cool jusqu'en janvier et puis après les partiels, Niklas est reparti en Suède.

Je rêvassais : étudier en Suède, comment ça se passe ? Et si je partais là-bas ? On s'envoyait des tas de messages, on se parlait sur Skype, tout ça. Et puis de moins en moins souvent. En même temps, quelle idée de venir d'aussi loin : si tout le monde était français, ce serait quand même plus simple ! Du coup, je psychotais sur la moindre de ses photos Facebook où on pouvait voir ses amiEs, j'attendais les vacances de Pâques vu qu'il devait revenir en France à ce moment et je bossais frénétiquement pour économiser de quoi aller le voir en été. Et dès le premier week-end des vacances, il était là ! Avec sa sœur. Elle s'appelait Maja, voulait voir du pays et était plutôt sympa. Bon, pourquoi pas ? Mais ça aurait peut-être été cool de me prévenir qu'on allait être trois et pas deux dans mon studio de 20m² ? Et ça aurait peut-être été cool qu'elle évite de nous suivre PARTOUT ? Hein ? Non ? NON ?

J'ai proposé qu'on aille chez mes parents, à une heure de Paris, ça allait. Il ne voulait pas les rencontrer. J'avais bien sûr passé des heures à tenter les convaincre qu'aller seule en Suède en été, c'était une bonne idée. Ils pensaient le contraire. Il y a des expressions d'adulte qui ont une tout autre signification pour les étudiants. Dans mon cas, "ma fille, ça sent les emmerdes à plein nez" se traduisait par "les adultes c'est tous des vieux croulants débiles". Retenez bien : il faut écouter vos parents. Ils savent. Ils l'ont fait avant vous. Bref, Niklas refusait de passer ne serait-ce qu'une nuit dans une grande maison confortable avec une chambre pour sa soeur de peur de rencontrer deux personnes, alors que tirer au fusil sur un de mes copains, c'est l'exact opposé de leur philosophie de vie, qu'ils cuisinent comme des chefs de grands restaurants et que Maja mangeait à longueur de temps des tartines d'une pâte bizarre (du kaviar, rien à voir avec un truc de luxe) qui sentait TRÈS FORT le poisson pas frais. Dans 20m².

Je me suis dit que Niklas était tyrannisé par sa sœur et puis on a quand même pu se ménager quelques périodes d'intimité, je ne vous raconterai pas où et comment parce que j'ai mes limites, sachez juste que ce n'était pas glorieux. Il y a des choses qu'on ne vous a pas dites sur le sexe en voiture. Par exemple, que c'est déjà génial par rapport à ce qu'on doit faire, dans une grande ville, SANS voiture. Niklas et Maja sont repartis et, après deux conversations sur Skype, j'ai acheté un billet d'avion Paris-Stockholm pour juillet. Oh, ça va, j'étais amoureuse, bordel. Inutile de préciser qu'il n'a jamais servi. En mai, j'ai reçu une carte postale (véridique) de Lidingö, une petite ville. C'était pour me dire, en gros, "merci c'était cool mais Paris ça pue (véridique !) et j'ai rencontré une fille. Salut". Quand je l'ai appelé sur Skype pour l"engueuler, il n'a même pas eu l'air de comprendre pourquoi et m'a regardée d'un air perplexe, comme si j'étais folle. Authentique connard ou choc des cultures ? Aucune idée. Porte-toi bien, Niklas, après quatre ans je peux dire : sans rancune. Oui, parce que j'avais son adresse, qu'il vivait chez dans la maison familiale à Stockholm et que je lui ai expédié une pleine boîte des pires sex-toys que j'ai pu trouver, avec un accusé de réception à signer. On se venge comme on peut !