Insolite : Selon une étude, les campus regorgeraient d'étudiants sexistes et racistes

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Les mentalités évoluent lentement. Une étude menée à Havard montre que les femmes et les minorités souffrent toujours de discrimination sur le campus. meltyCampus revient sur les faits :

La diversité a augmenté sur les campus américains, mais les femmes et les minorités sont toujours victimes de discrimination. C'est la conclusion d'une étude menée par le fonds Les voix de la diversité de l'université d'Harvard, révèle le Huffington Post. Le racisme rampant sur les campus prend souvent la forme de "micro agressions". Cette forme de discrimination contribue à créer un climat hostile qui nuit aux performances universitaires de ceux et celles qui en sont victimes. Le racisme est une réalité qui pourrit la vie des étudiants américains, comme à la fac du Minnesota qui a dû rappeler à ses élèves de ne pas se montrer racistes à la soirée d'Halloween. "Il est évident que le phénomène ne dépend ni du caractère public ou privé, ni de la taille ni de l'implantation géographique de l'établissement. Du vieux sud à l'Ivy League, toutes les universités sont concernées" déclare Paula Caplan, la responsable de l'étude.

L'étude a été menée en s'appuyant sur les déclarations d'étudiants sur quatre campus représentatifs, chacun de caractère (public ou privé), d'emplacement et de taille différents. Seul le campus de l'université de l'Etat du Missouri a accepté d'être nommé. Les autres établissements sont référencés comme "université du nord", "université du sud" et "université de l'Ivy League". La plupart des discrimination recensées sont subtiles. Elles correspondent à des regards, des préjugés qui imprègnent la culture et le quotidien. Cela va des yeux qui roulent quand une femme parle au refus d'étudier dans le même groupe que d'autres étudiants d'origines ethniques différentes. "Sont-ils désagréables avec moi parce qu'ils sont racistes, parce que c'est leur manière d'être avec tout le monde ou parce qu'ils ont eu une mauvaise journée ?" se demande Raymond, un étudiant noir interrogé. Les étudiants sont sensibles à la problématique, comme cet élève qui dénonce en chanson le racisme à l'université de Californie.

Les étudiantes et les élèves non-caucasiens relèvent aussi que les étudiants masculins blancs sont beaucoup plus régulièrement interrogés en classe. Il ressort de l'étude que les étudiants et les étudiants issus des minorités n'osent pas se plaindre des micro-agressions. Par peur de perdre des amis ou de créer des tensions. Certains manifestent spontanément avec des photos postées sur internet, plutôt que de recourir aux autorités. Ils ignorent le plus souvent que les universités peuvent sanctionner ces comportements. Ces élèves victimes de discriminations ne ressentent pas leur appartenance au campus comme quelque chose d'évident. Aux yeux des autres, ils devraient leur place à la discrimination positive et non à leurs compétences. "Par exemple, si vous êtes une femme et que vous intégrez l'Ivy League, vous vous sentez reconnaissante d'être là. Autour de vous, les statues, les professeurs et les références sont uniquement des hommes blancs" relève Paula Caplan. Les victimes de discrimination manquent de modèles auxquels s'identifier. En réaction à l'étude, l'université du Missouri a mis en place une campagne de formation contre le racisme. Elle recrute aussi désormais davantage d'employés et de professeurs non-blancs.

Source : http://www.huffingtonpost.com/2015/01/12/microaggressions-college-racism-sexism_n_6457106.html?utm_hp_ref=college