Homosexualité : 6 étudiants condamnés en Tunisie !

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Les étudiants sont nombreux à chercher l'amour. En Tunisie, vous n'êtes pas libres d'aimer qui vous voulez... surtout si vous êtes homosexuel.

La situation des minorités sexuelles se dégrade en Tunisie. Le Huffpost Magreb nous rapporte que six étudiants de Kairouan (centre de la Tunisie) ont été condamnés pour "pratiques homosexuelles". Le 10 décembre 2015, ils ont écopé de trois ans de prison ferme et cinq ans d'interdiction de séjour à Kairouan. C'est la peine maximale prévue par l'article 230 du code civil tunisien. Ces étudiants ont été dénoncés leurs voisins. La police les avait interpellés vers fin novembre-début décembre. Les six jeunes hommes ont été soumis à un interrogatoire musclé, au terme duquel ils auraient reconnu avoir eu des "pratiques homosexuelles". Ils ont également subi un examen anal pendant leur détention préventive. Cette pratique invasive est encore courante en Tunisie pour "prouver" l'homosexualité masculine. C'est aussi violent, humiliant et dégradant que son nom le laisse suggérer. En septembre 2015, un autre étudiant gay avait subi le même sort. Cet examen n'est pas reconnu par le corps médical international. Une partie du corps médical tunisien la critique vivement et milite pour son interdiction.

L'homosexualité en Tunisie n'est pas seulement illégale, elle provoque aussi des réactions de rejet violent. Lesbienne jusqu'au diplôme, ce n'est pas vraiment à la mode ici. Outre les aveux arrachés, des vidéos à caractère sexuel ont été retrouvé sur l'ordinateur de l'un des étudiants. Il a donc aussi écopé d'une peine de six mois de prison pour "atteinte à la pudeur". L'avocate des étudiants Maître Karkini a déploré "des condamnations extrêmement sévères". Elle a déjà fait appel. Le nouveau procès devrait avoir lieu devant la cour d'appel de Sousse "d'ici deux à trois semaines" estime Maître Karkini. L'association Shams milite pour la dépénalisation de l'homosexualité en Tunisie. L'organisme a fustigé dans un communiqué le jugement de Kairouan. Cette ONG milite pour que l'Etat tunisien soit bel et bien le "garant de la protection de la vie privée des citoyens" comme cela est inscrit dans la nouvelle Constitution adoptée en 2014.Cité par la radio Shems FM, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Walid Louguini, a pour sa part défendu l'action des forces de l'ordre dans l'affaire de Kairouan. "Notre fonction est de faire respecter la loi" a-t-il indiqué. Que penses-tu de cette histoire ?

Source : AFP