Grèce : Les universités au bord de la rupture ?

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À cause de la crise financière qui touche la Grèce, l'université d'Athènes et d'autres facs grecques doivent suspendre leurs activités. meltyCampus vous parle de cette situation qui empire.

Les mesures de rigueur internationalement mandatées ont poussé des universités et des écoles d'enseignement supérieur à stopper leurs activités. L'université d'Athènes a donc annoncé qu'elle ne pouvait plus fonctionner à cause des licenciements exigés par l'Union Européenne, le Fond Monétaire International et la Banque Centrale Européenne. Les universités de Thessaloniki, Patras, Ioannina et de Crète ont du faire de même. Les écoles se plaignent principalement des licenciements du personnel administratif. En effet, la Grèce est sous pression pour rationaliser son secteur public en délocalisant 25.000 fonctionnaires pour la fin de l'année. Stathis Efstathopoulos, président de la Fédération des Professeurs Universitaires, a écrit une lettre au Premier Ministre faisant part de l'angoisse de ses confrères : "Même si nous acceptons que nous avons un excédent de personnel, nous ne pouvons pas fonctionner avec 40% de personnel en moins, d'un jour à l'autre."

Victime d'une crise financière sans précédent depuis 4 ans, la Grèce a déjà sélectionné 12.500 fonctionnaires, issus des bibliothèques, des laboratoires, des cliniques, ainsi que des professeurs, pour participer au plan de délocalisation. L'université d'Athènes a donc vu près de 498 employés quitter les locaux de l'établissement. "Pour fonctionner, l'université d'Athènes a besoin de personnel pour gérer 8 bibliothèques, 174 laboratoires, 66 cliniques universitaires et 18 musées". Stathis Efstathopoulos rajoute que la fac "fait face à la plus grande et plus sérieuse crise dans son histoire." Le journal grec Ta Nea décrit d'ailleurs ces fermetures comme "un grand challenge, pas seulement pour les étudiants mais leur famille, durant ces temps de bouleversements politique, économique et social." Une situation qui risque de faire encore protester les étudiants grecs.

Le journal rapporte également que les établissements publics étaient devenus des sources électorales pour les politiques et donc d'emplois pas très mérités… Un exemple est rapporté par The Guardian, celui d'un surveillant de baignade payé par l'université d'Athènes pendant des années, alors que la piscine du campus où il a travaillé une seule fois, avait fermé depuis un bon moment. Le besoin de réduire le secteur public est maintenant universellement accepté mais la logique fiscale brute appliquée a du mal à passer et elle est de plus en plus critiquée. Pour le professeur Kevin Featherstone, à la tête de la London School of Economics Hellenic Observatory : "la Troïka (les experts représentants de l'Euro : CE, BCE, FMI. ndlr) ne se concentre pas assez sur les réformes structurelles qui seraient l'amélioration de croissance." Espérons que la situation s'améliore et qu'elle ne se répande pas dans d'autres facs françaises comme Montpellier 3 qui se dit en faillite !