Geneviève Fioraso rassure les présidents d'universités

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La future loi sur l'enseignement supérieur et la recherche suscite l'inquiétude chez les présidents d'université. La Ministre tempère et fait des concessions sur la gouvernance.

La ministre de l'Enseignement supérieur, Genevieve Fioraso met de l'eau dans son vin. Après avoir rassuré les prépas, la voilà désormais soucieuse d'apaiser les craintes des présidents d'universités. Un vent de panique suscité par son futur projet de loi. Pour les calmer, elle leur a adressé un courrier dans lequel elle assure qu'ils " ont été écoutés". Une missive qui a eu le mérite de calmer certaines inquiétudes sans toutefois dissiper la défiance et les doutes. Quid des moyens ? "Comment mener une vraie politique sans une masse salariale stabilisée ? " s'interroge la présidente de l'université Montpellier-III, Anne Fraïsse dans les colonnes du site internet Les Echos. Au ministère on argue que 5.000 postes supplémentaires sont programmés sur le quinquennat, dont 1.000 l'an prochain. Un chiffre insuffisant estime la Conférence des Présidents d'Université (CPU) qui évoque "une inquiétude majeure" sur les moyens. L'une des principales craintes des présidents d'université serait que leur établissement devienne "ingouvernable". Une inquiétude liée à la création d'un conseil académique, censé fusionner les deux principaux conseils des universités : le conseil scientifique (CS) et le conseil des études et de la vie universitaire (Cevu).

Geneviève Fioraso rassure les présidents d'universités - photo
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Dans le projet de loi, le président du conseil académique et celui de l'université seraient deux personnes différentes. La CPU craint donc un "affaiblissement" des équipes de direction du fait de cette "dyarchie" programmée, à la tête des universités. Le président de l'université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, Jean-Luc Vayssière, y voit "une volonté de revenir sur la loi LRU de 2007 (sur l'autonomie des universités)". Anne Fraïsse dénonce un projet de loi, qui introduit selon elle, de "la suspicion" sur les présidents et leurs équipes. Pris sous les feux croisés des présidents d'universités, Geneviève Fioraso a souhaité désamorcer les tensions naissantes. "Les établissements décideront", confie la ministre. Les établissements seront donc autorisés à maintenir les deux conseils en l'état, c’est-à-dire séparés. Mais les critiques ne s'arrêtent pas pour autant. "On est en train de détricoter et de déstructurer les universités et on ne voit pas où l'on va", complète Anne Fraïsse. "C'est une loi dogmatique et idéologique." Apparemment, le courrier de la ministre n'a pas tout réglé et ne convainc pas sur le fond. meltyCampus vous le disait : Geneviève Fioraso veut lutter contre le décrochage universitaire. Nous verrons si les présidents d'université soutiennent, cette fois ci, cette entreprise.