Gaz de schiste, on va encore louper le train ! C'est l'avis de Louis

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Tout le monde en parle : la France disposerait de grandes réserves de gaz et de pétrole de schiste. Mais le gouvernement a pour l’instant fermé la porte à notre seule opportunité de saisir l’indépendance énergétique.

Les gaz et huile de schiste sont aujourd’hui, et c’est bien dommage, interdits de séjour en France, où la fusion des grandes écoles fait débat, comme meltyCampus vous l'expliquait. Lorsque l’on sait que le gouvernement souhaite réduire la part du nucléaire dans sa consommation énergétique, qu’il souhaite être moins dépendant des importations, et surtout, que nos concitoyens détestent voir s’implanter des éoliennes à moins de 30 kilomètres de leurs habitations… L’on peut honnêtement se demander s’il n’y a pas là quelques contradictions ! Les écologistes objecteront, qu’il vaut mieux payer une fortune pour rouler en voiture, que de risquer des nuisances écologiques. Mais après tout, leur fond de commerce, le Velib, est supposé remplacer la voiture… Les français trouvent le moyen de se plaindre chaque année des prix du carburant.

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Ils auraient pourtant là un excellent moyen de rouler moins cher. De même chaque hiver, lorsque les prix du gaz augmentent, en même temps que notre dépendance énergétique, les français grelottent, assis à 2 kilomètres à peine de gigantesques ressources en gaz… Les gaz et huile de schiste sont en effet pour le moment considérés comme polluants à cause de leur exploitation peu scrupuleuse dans certain pays. Petit rappel : la fracturation hydraulique consiste à injecter de l’eau du sable et des solvants dans des fissures préalablement créées par des explosifs, pour laisser le gaz et le pétrole remonter dans le puits de forage. Seulement, ce qui pollue énormément, ce n’est pas la technique en soi, c’est le non-traitement de l’eau utilisée.

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L’exemple fréquemment cité est celui des Etats-Unis, où la dette étudiante explose, où l’eau est stockée dans des bassins en surface, ou dans des puits de forages inutilisés. Cette eau s’infiltre et contamine alors les nappes phréatiques. Seulement la France n’est pas aussi "barbare". Chez nous, pauvres gaulois, le traitement des eaux usées existe. Nous sommes mêmes leaders mondiaux dans le secteur ! Retirer 13% de sable et O,2% de solvants (oui le chiffre est faible) de 86,8% d’eau n’est pas une tâche qui nous impossible. De même pour éviter les répercussions sismiques de la fracturation, il suffit à l’exploitant de ne pas forer près des failles connues. Là aussi, la France étant un des leaders mondiaux en terme de recherche de gisements, les exploitants pourront définir avec précision les contours de ceux-ci, et trouver le meilleur angle d’exploitation, sans que cela ne pose problème.

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Seulement vous comprendrez que le problème n’est pas tant écologique qu’idéologique. Nos amis d’EELV professent depuis si longtemps la fin du nucléaire et des énergies fossiles, que la découverte de nouveaux gisements insoupçonnés les a quelque peu désarçonnés. L’arrivée des énergies renouvelables, si gourmandes financièrement, pourraient donc être retardée de quelques années encore. "Fichtre" diront-ils. Seulement, ne pourrions nous pas justement nous servir de cette possible rente énergétique pour financer la révolution verte à grande échelle en France ? Une telle manne financière, contrôlée par l’Etat, puisqu’il détient les sous-sols, et taxée à sa juste valeur auprès de l’exploitant, pourrait financer le remboursement de la dette, le choc de compétitivité tant espéré, et la révolution verte, au travers d’une industrie éolienne et photovoltaïque subventionnée.

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Cette manne, exploitée par des entreprises françaises, permettrait également de relancer les raffineries françaises. Réduisant la part des importations dans la balance commerciale, les gaz et huile de schiste pourraient peut-être même, si la taille des gisements s’avérait assez grande, développer nos exportations, l’Europe de l’Est et du Sud étant actuellement très dépendante du gaz russe. La France n’a, au cours de son histoire, jamais été bénie par des matières premières en abondance. Même notre fer et notre charbon étaient de qualité inférieure et en moins grandes quantités que chez nos voisins. Peut-être tenons nous là notre chance. Peut-être même un jour, un fond souverain français rachètera un club qatari !

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