Exil fiscal: une chasse aux sorcières ? L'avis de Louis 

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Ces dernières semaines, Gérard Depardieu, l’incontournable monument du cinéma français, a fait couler beaucoup d’encre, non sur ses frasques ou son dernier film, mais sur son déménagement en Belgique. Mon avis : foutez lui la paix !

"Casse toi riche con". C’est par ces mots que ce fabuleux torchon d’hypocrisie qu’est Libération, s’adressait à Bernard Arnault, dont les impôts ne sont en réalité pas le principal moteur de son départ en Belgique, où des étudiants créent une application, comme vous l'expliquait meltyCampus. Cette phrase, inspirée d’une envolée lyrique de notre regretté, en comparaison, Nicolas Sarkozy, résume à elle seule l’atmosphère de la société française, ou du moins celle dans laquelle la gauche caviar à laquelle s’adresse Libération semble se vautrer. Il est en effet si facile de taper sur plus riche que soit, cela grandit même, et donne des airs d’humaniste égalitaire aux indignés de Saint-Germain des Prés. Seulement les pantins populistes de gauche, comme ceux de droite, ne savent haïr que si on leur montre le chemin, ils risqueraient sans cela de se mettre à penser, et la démocratie en prendrait un coup !

Exil fiscal: une chasse aux sorcières ? L'avis de Louis 

Ceux qui leur montre sur qui aboyer aujourd’hui, sont au gouvernement. Quelle belle saison d’esquive du feu médiatique pour cette fine équipe socialistoécologiste. Après la magnifique entrée en scène des héritiers de l’ère Sarkozy à l’UMP, voilà que les rats quittent le navire au beau milieu de cette crise sans fin. Dès lors ce gouvernement de gauche à la politique droitière, qui a d’ors et déjà enterré toutes ses promesses ne revêtant pas d’intérêt idéologique ou communicationnel, a su tirer profit du départ de trois zouaves et demi pour des terres plus hospitalières pour dévier l’attention de l’austérité, du chômage, des délocalisations, des morts dans la rue, d’un ministre aux comptes cachés, du lèche-bottisme Bouteflikien etc.

Exil fiscal: une chasse aux sorcières ? L'avis de Louis 

Une stratégie de communication compréhensible tant qu’il s’agit d’un Bernard Arnault ou d’un Alain Afflelou, dont les moyens de défense, s’ils daignaient en prendre la peine, seraient à la hauteur, mais quand il s’agit de Gérard Depardieu, l’attaque vole bas, et révèle un esprit aussi étriqué que minable de la part d’une personnalité publique de ce rang. Gérard Depardieu a servi le rayonnement culturel de la France toute sa vie, il est responsable, certes de beaucoup de films alimentaires, mais ce n’est pas le premier, mais également de certains des plus grands classiques du cinéma. Les Valseuses, Buffet Froid, Sous le Soleil de Satan, 1492, l’Homme au Masque de Fer, RRRrrrr !, la Tête en Friche… S’il faut bien entendu dissocier l’homme de l’artiste, frapper pareil géant n’est pas digne d’un ancien élu de seconde zone dont personne n’avait entendu parler en dehors de Loire-Atlantique jusqu’à ce qu’il soit propulsé Premier Ministre par copinage et par certitude que son ombre serait aussi petite que la portée de ses injures.

Exil fiscal: une chasse aux sorcières ? L'avis de Louis 

Depuis longtemps, Gérard Depardieu dit détester les français, et comment ne nous détesterait-il pas ? Les médias ont passé leur temps à le lyncher pour ses frasques, notamment au volant et son alcoolisme… Comment être surpris que maintenant qu’il sera plus que fortement taxé, son "patriotisme" ne le retienne pas ? Qui se sentirait attaché à un pays où l’on est résumé à boire du rouge et dire "ma couille" aux Guignols. Qui serait retenu à des terres qu’il ne reconnaît plus, pour des raisons qui sont les siennes, et où l’on s’efforce en plus de le taxer davantage. Si cette taxe fait office d’effort national symbolique, cessons d’insulter ceux qui ne veulent s’y plier. Peut-être pour certains, ils ne se sentent tous simplement plus partie de cette nation. "Si vous voulez faire de la pauvreté une vertu de la révolution alors parlez-en à Robespierre" disait-il dans Danton. "Si vous voulez faire de la richesse, le crime de notre nation, parlez en aux socialistes" pourrait-il dire aujourd’hui.

Exil fiscal: une chasse aux sorcières ? L'avis de Louis 
Source : meltyCampus