Etudiants et politique : Les affaires marquantes de son histoire

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Le 25 mai, ce sont les élections européennes. Et avant ce rendez-vous important, meltyCampus revient pour vous sur un thème qui nous concerne tous : les étudiants et la politique !

Hier, nous vous parlions de ces hommes politiques engagés pendant leurs études. Aujourd’hui, nous allons vous parler d’étudiants qui se sont retrouvés au cœur d’évènements qui ont eu une incidence importante dans l’actualité politique. Deux de ces affaires, l’affaire Malik Oussekine et l’affaire Clément Méric relèvent du fait divers, mais ont secoué la sphère politique. La troisième montre comment un étudiant, Jonathan Pinet, a pris de court journalistes et hommes politiques lors de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn. Deux de ces étudiants, Clément Méric et Jonathan Pinet, étaient engagés politiquement au moment des faits, et plus encore, leur activité politique est indissociable des évènements qui sont survenus.

Etudiants et politique : Les affaires marquantes de son histoire

L’affaire Malik Oussekine est la plus ancienne des trois, puisque les faits se sont déroulés dans la nuit du 6 au 7 décembre 1986. Il s’agit d’une bavure policière tragique, sur fond de manifestation étudiante puisqu’à ce moment là, les étudiants manifestent depuis le 25 novembre contre un projet de loi, le projet Devaquet, proposé par le ministre de l’Education de l’époque, Alain Devaquet, qui doit réformer l’université. Les choses s’accélèrent lorsque le 6 décembre, après une manifestation, des étudiants occupent la Sorbonne avant d’être évacués. Si l’évacuation se déroule dans le calme, certains jeunes gens ne comptent pas en rester là et tentent de dresser une barricade rue de Vaugirard dans le 6è arrondissement. La réaction des forces de l’ordre est immédiate, et des "voltigeurs" sont envoyés disperser les étudiants. Concernant les voltigeurs, le principe est simple : ce sont deux policiers à moto, l’un conduit pendant que l’autre matraque les casseurs. Par erreur, ils se lancent à la poursuite de Malik Oussekine, qui n’a rien fait et sort juste d’un club de Jazz. Alors que l’étudiant tente de s’enfuir, ils le prennent en chasse et finissent par le coincer dans le hall d’un immeuble où il est battu à mort. Il décède peu de temps après, à l’hôpital. Mais ce qui a crée la controverse, ce n’est pas tant cette erreur fatale que la réaction du ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, et celle du ministre délégué chargé de la Sécurité Robert Pandraud qui ne condamnent pas l’action meurtrière des voltigeurs. Alain Devaquet démissionne en apprenant les faits, et le bataillon des voltigeurs est dissout suite à des réactions et des manifestations importantes.

Etudiants et politique : Les affaires marquantes de son histoire

L’affaire Clément Méric est pour sa part très récente et ainsi, il subsiste des zones d’ombres autour des faits. De plus, l’enquête et l’instruction sont toujours en cours. Il y a bientôt un an, le 5 juin 2013, deux groupes de militants, un d’extrême-droite et un d’antifas se rencontrent en fin d’après-midi en allant à une vente de vêtements rue Caumartin dans le 9è arrondissement. Les deux groupes se provoquent, s’insultent, puis Katia Veloso du groupe d’extrême-droite appelle son petit ami, Esteban Morillo, à sa rescousse. Une bagarre éclate, Clément Méric se jette sur le dos d’Esteban Morillo qui réplique en lui assénant deux coups mortels, il semblerait avec un poing américain. Il décède le lendemain, après une journée en état de mort cérébrale. Dès le 6 juin, des rassemblements en l’hommage de Clément Méric ont lieu partout en France, puis, une quinzaine de jours plus tard, 6000 personnes défilent dans Paris. Une manifestation de soutien à Esteban Morillo devait avoir lieu le 14 septembre, ainsi qu’une contre-manifestation, mais les deux ont été interdites. Ceux qui ont tenté de défiler tout de même ont été interpellés. La réaction du gouvernement a été immédiate : le 8 juin, une procédure est entamée pour dissoudre les groupuscules d’extrême-droite, notamment les Jeunesses nationalistes révolutionnaires et Troisième Voie. Le 25 juin, Serge Ayoub, le meneur des deux mouvements annonce leur autodissolution. Le 24 juillet, c’est L’œuvre Française et sa branche jeune, les Jeunesses nationalistes, qui sont dissoutes.

Etudiants et politique : Les affaires marquantes de son histoire

Enfin, dans un tout autre registre, Jonathan Pinet a pris de court les journalistes et la classe politique Française, peu après l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New-York en 2011. Il a en effet été le premier à annoncer l’évènement sur Twitter, le Samedi 14 mai à 23 heures. Il tient l’information d’un ami qui a eu vent des évènements grâce à une connaissance qui travaille au Sofitel. Alors que la gauche espère un démenti et se prépare à contre-attaquer, le New York Post puis le New York Times confirment la nouvelle. Coïncidence ? Vu le parcours politique de l’étudiant, membre des Jeunes Populaire et co-fondateur d’un site internet dénonçant "les mensonges de la gauche", et surtout étant donné que son tweet est suivi de très près par un commentaire d’Arnaud Dassier, l’ancien directeur de la campagne de Internet de Sarkozy, de nombreux internautes croient à un coup monté, à une campagne de communication contre DSK. Mais avec la confirmation de la nouvelle par les journaux Américains, en une heure trente, un simple tweet controversé est devenu un scoop mondial.