Etudiants et politique : Ces hommes politiques engagés pendant leurs études

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Le 25 mai, ce sont les élections européennes. Et avant ce rendez-vous important, meltyCampus revient pour vous sur un thème qui nous concerne tous : les étudiants et la politique !

Hier, nous vous donnions le point de vue des étudiants sur la politique en-dehors de la fac. Aujourd’hui, nous allons toujours vous parler d’étudiants, mais sous un angle un peu particulier : nous allons vous parler de trois hommes politiques engagés dans ce domaine dès leurs études ! Il ne s’agit pas de porter de jugement ou de les présenter sous un jour mélioratif ou péjoratif, encore moins de faire la promotion de leur parti ou de leurs idées, mais de revenir sur leur parcours. Ainsi, meltyCampus vous propose de vous intéresser aux études de Daniel Cohn-Bendit, de Julien Dray, et de Jean-Marie le Pen. Deux d’entre eux, Julien Dray et Jean-Marie le Pen étaient d’ailleurs membres de l’UNEF.

Daniel Cohn-Bendit, surnommé "Dany le Rouge", est connu en France pour avoir participé aux événements de Mai 68, et affirmer qu’il a l’engagement politique dans la peau est un doux euphémisme. Entre 1965 et 1966, alors qu’il est inscrit en propédeutique à la Sorbonne-Censier, il participe avec son frère à des camps libertaires, est brièvement membre de la Fédération Anarchiste puis du groupe Noir et Rouge et devient un membre actif de la Liaison des étudiants Anarchistes. Le ton est donné, Daniel Cohn-Bendit ne donne pas dans la tiédeur ou la demi-mesure. En 1967, il occupe en mars avec 60 autres étudiants la cité universitaire réservée aux étudiantes. L’année suivante, il est à l’origine du mouvement le 20 mars contre le guerre du Viet Nam et occupe la fac de Nanterre le 22 mars avec un groupe d’étudiants pour protester contre l’arrestation de certains de leurs camarades. Ses années d’études agitées seront ponctuée de provocations, polémiques diverses et même arrestations pour avoir distribué un tract indiquant comme fabriquer un cocktail Molotov. C’est en Mai 68 qu’il se fait connaître durant les affrontements du 3 Mai à la Sorbonne avec la police, mais c’est le 6 mai, durant le révolte étudiante qu’est prise la célèbre photo de lui souriant insolemment à un CRS. Il intervient encore deux fois le 13 mai lors de la grève générale et le 16 mai, et se sera attiré durant tout le mois de mai les foudres des médias.

Julien Dray rejoint dès son entrée à l’université l’organisation étudiante de la Ligue Communiste Révolutionnaire et le Mouvement d’Action Sociale. Il s’implique de plus en plus dans la politique et le syndicalisme, pour devenir finalement responsable du secteur Jeunesse de la ligue. En 1977, il est élu au poste de secrétaire général. Après la création de l’UNEF-ID au Congrès de Nanterre en 1980, Julien Dray occupe le poste de Vice Président. Le moins que l’on puisse dire, c’est que contrairement à un Daniel Cohn-Bendit qui s’enflamme et descend dans la rue pour affronter les CRS, Julien Dray est quelqu’un de patient et de constant, qui gravit un à un des échelons au sein des organisations étudiantes. Mais cette ascension s’achève avec son exclusion de la LCR en 1981. Il brigue suite à cela le poste de président de l’UNEF mais sans succès et finit par rejoindre le Parti Socialiste. A la fin de ses études, en 1984, Julien Dray se consacre à un autre combat, celui contre le racisme. Ainsi, il a fondé l’association SOS Racisme dont il est devenu Vice Président avec Harlem Désir et distribue durant la Marche des Beurs des badges "Touche pas à mon pote".

Enfin, Jean-Marie le Pen entre, après avoir passé son bac à Saint-Germain en Laye, à la fac de droit à Paris, où il vend à la criée le journal de l’Action Française. Encore une fois, dès le départ de son parcours politique, le ton est donné : l’Action Française en effet une ligue d’extrême-droite, qu’on peut croiser au détour d’un manuel d’histoire mais qui existe encore aujourd’hui. A la faculté de droit, il devient président des étudiants de 1949 à 1951, et ensuite, président d’honneur de la corpo en 1952. Il est également à l’origine de plusieurs initiatives étudiantes, comme en 1953 où il organise une colonne de secours d’étudiants volontaires pour porter assistance aux populations sinistrées lors d’inondations au Pays-Bas, alors qu’il est toujours président de la corpo de droit. Enfin, à la fin de ses études, il représente la faculté de droit de Paris au congrès de la "Grande UNEF".