Études de médecine : Une sélection à l'entrée en PACES ?

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La PACES terrifie les étudiants. Chaque année, 80% des candidats restent sur le carreau. L'Ordre des médecins réclame plus de sélection à l'entrée.

En France, les études supérieures à la fac sont ouvertes à tous les étudiants qui possèdent le bac. Les lycéens scientifiques s'inscrivent en masse en médecine, une filière qui fait rêver. Chaque année, environ 80% des étudiants restent pourtant sur le carreau à cause d'un nombre de places limité. C'est la dure loi du concours. Faut-il sélectionner plus rigoureusement les étudiants ? L'Ordre des médecins le recommande dans un livre blanc publié le 26 janvier 2016. Une posture originale, quand la filière s'ouvre aux admissions parallèles en deuxième année. Maxime Rifad, vice-président de l’ANEMF (site officiel des étudiants en médecine), s'oppose fermement à toute forme de présélection. "Nous sommes très attachés aux valeurs de l’université ouverte à tous, d’autant qu’il n’y a pas de profil type de l’étudiant en médecine. Une présélection sur dossier, sur notes ou sur mention au bac, nous semble vraiment être une erreur d’analyse. On peut passer à côté de médecins qui seront exceptionnels par la suite, mais qui n’ont pas brillé au lycée ou au bac". explique-t-il au Figaro Etudiant.

L'Ordre des médecins n'est pas favorable au numerus clausus, qu'il juge "inefficace et inadapté aux besoins". Ce système est aussi trop aisément contourné, ce qui créé des injustices. 25% des professionnels inscrits à l'Ordre entre 2009 et 2014 ne possédaient pas de diplôme français, mais un équivalent étranger. Certains Français poussent la manipulation assez loin, en s'inscrivant en Belgique ou en Roumanie pour débuter, au titre des équivalences universitaires européennes. Ils reviennent souvent en sixième année, au moment de passer leurs ECN. L'Ordre des médecins conseille une régionalisation du numerus clausus, "en fonction des besoins du territoire par spécialité, des capacités de formations des établissements universitaires et des possibilités d’organisation de stages durant la scolarité". Une proposition qui plaît davantage à l’ANEMF, favorable à la formation pratique en stage des étudiants en médecine. Par contre, l'association étudiante n'approuve pas du tout les propositions de régionaliser les ECN ou la mise en place de notes éliminatoires. La réforme de la filière avance à petits pas. Que penses-tu de ces recommandations ?

Source : Le Figaro Etudiant