Etats-Unis : Le campus où les étudiants refusent de dormir !

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Les étudiants qui s'investissent dans la vie de leur campus ont mille choses à faire... au point de rogner dangereusement sur leurs heures de sommeil.

Le sommeil est la moitié de la santé... sauf pour les étudiants pris par leurs activités parascolaires à la Georgetown University. Cet établissement privé catholique jésuite se trouve à Washington D.C. (nord-est des États-Unis). "Sleep when you are dead" ("Tu dormiras quand tu seras mort" en anglais) serait devenue la devise non-officielle de la fac. C'est aussi le titre que trois étudiants apprentis-cinéastes ont donné à leur documentaire. Evan Sterrett, Jimmy Ramirez et Carolyn Lehman ont réalisé leur film en 2014. Ils veulent mettre en garde leurs camarades contre une culture sociale du surinvestissement parascolaire. Pour être en bonne santé, un étudiant doit dormir environ 8 heures par nuit. Les étudiants de Georgestown s'imposent tant d'activités différentes (et prenantes) qu'ils n'ont même plus le temps de fermer l'œil. "La plupart des étudiants qui prennent au sérieux leurs heures de sommeil sont ridiculisés" témoigne un étudiant anonyme de première année. Sur un échantillon de 50 étudiants de ce campus, 75% estiment que la culture de leur fac n'encourage pas les habitudes de sommeil saines.

La Georgetown University est un établissement d'élite, très sélectif à l'entrée. La plupart des étudiants se sentent obligés d'améliorer leur CV en devenant des "slashers". Ce terme ne désigne pas les films d'horreurs où les personnages finissent découpés en morceaux, mais cette tendance à exercer simultanément de nombreuses activités. Le véritable problème des étudiants de la Georgetown University, c'est de ne pas savoir faire de choix entre les multiples opportunités qui s'offrent à eux. Pas besoin d'un MOOC pour créer son association étudiante, il en existe assez pour occuper chaque minute de la journée. C'est un cercle vicieux. "Il faut constamment être occupés, sinon les gens croient que vous êtes paresseux" souligne une étudiante. Personne n'ose faire passer sa santé en priorité devant les associations... sans compter les cours. Ces étudiants ne se définissent plus par "qui ils sont" mais par "ce qu'ils font". Un constat mélancolique accentué par la musique du reportage. "S'investir dans les associations est une bonne chose... tant que vous restez raisonnable" rappellent les trois réalisateurs. Que pensez-vous de cette habitude étudiante ?

Source : Huffington Post