En Syrie, les étudiants sont obligés d'acheter de faux diplômes

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Comment continuer de suivre les cours à la fac dans un pays en guerre ? Les étudiants syriens achètent de faux-diplômes pour refaire leur vie à l'étranger. meltyCampus revient sur les faits :

La guerre civile en Syrie dure depuis mars 2011. En août 2014, l'ONU évaluait le nombre des victimes à un peu moins de 200 000 personnes. Pendant ce temps, la population locale essaie de vivre comme elle peut. Selon le Figaro Etudiant, la vie universitaire syrienne est devenue quasiment inexistante. Certains étudiants se sont enrôlés chez les rebelles, d'autres sont rentrés dans leur famille et beaucoup ne se rendent tout simplement plus en cours. De nombreux campus ont été détruits. En 2013, 83 étudiants sont morts dans le bombardement de leur fac à Alep. Pour se sortir de cette situation, les étudiants pensent à l'exil. Mais comment partir et refaire sa vie lorsqu'on n'a pas pu achever son cycle universitaire ? La solution s'appelle faux-diplômes. Le trafic est florissant chez les faussaires turcs, qui réalisent des certificats plus vrais que nature. Ce service particulier est facturé jusqu'à 1 500 dollars soit plus de 3 000 euros. Ahmad, étudiant en littérature anglaise à l’Université d’Alep, déclarait à Syria Deeply avoir obtenu le sien en deux semaines après l'avoir négocié pour 275 dollars. Papier officiel des universités syriennes, tampons authentiques de l’Université d’Alep et du ministère des Affaires Etrangères, rien ne manque.

En Syrie, les étudiants sont obligés d'acheter de faux diplômes

Ce système D n'est valable qu'à la condition de pouvoir quitter rapidement le pays. Les faux diplômes ne sont d'aucune utilité en Syrie, où ils ne correspondent à aucun numéro de dossier scolaire réel. Ahmad espère s'installer au Liban, où il a déjà vécu. Avec son faux-diplôme, il compte trouver "un travail décent". D'autres sont partis encore plus loin, jusqu'en Europe pour finir leurs études. Ex-étudiant à Damas où 15 étudiants ont été tués sur le campus, Bilal faisait partie de ces syriens accueillis l'année dernière à l'université de Créteil, dans le cadre d’un partenariat entre l’ONG France Terre d’asile et l’association Démocratie et entraide en Syrie. "Je me sens à la fois triste et heureux. Triste car j’ai tout laissé derrière moi et heureux car c’est une renaissance, un grand commencement pour construire mon avenir" a-t-il déclaré devant les caméras de TV5 Monde. "La fac est fermée, la circulation est difficile. Tu ne peux pas du tout étudier à cause du bruit, à cause de tout. Tu ne te sens pas en sécurité, tu n’as pas du tout la tête aux études, tu penses à autre chose." expliquait-il encore. Avec leur diplôme étranger ou falsifié, les étudiants syriens rêvent d'une vie meilleure. Très loin de la guerre.

Source : http://etudiant.lefigaro.fr/international/actu/detail/article/en-syrie-les-etudiants-contraints-d-acheter-de-faux-diplomes-10755/